Episodes

Thursday Jun 27, 2024
Thursday Jun 27, 2024
Il est aujourd’hui évident que les causes de maladies, de parasitisme, de stress, etc.. ne sont pas des facteurs isolés dans les élevages. On sait que ces troubles sont les symptômes d’un écosystème en déséquilibre, voire en carence ou malade. De moins en moins d’éveur.euses souhaitent maintenir leur troupeau en état par le recourt systématique à la chimie. Mais cette approche plus naturel nécessite donc d’adopter un regard d’ensemble sur l’élevage : l’animal, la génétique, le pâturage, les cycles, la nutrition, etc…
Comment peut-on passer d’un cercle vicieux où l’on a systématiquement recourt aux agents chimiques à un cercle régénératif où l’écosystème animal/environnement est sain et résilient ? C’est Coralie Amar et Lucile Brochot qui nous en parle dans cet épisode.
https://www.giezoneverte.com/https://formation.verdeterreprod.fr/bundles/parasitisme-elevage

Thursday Jun 20, 2024
Episode 4 - Vers des fermes coopératives avec Céline Riolo
Thursday Jun 20, 2024
Thursday Jun 20, 2024
Aujourd’hui, plus de la moitié des installations agricoles se font en collectif... Pourtant peu de solutions légales existent pour construire ces modèles agricoles collectifs qui permettent aux agriculteur.rices de mutualiser le temps de travail, les compétences, les gardes, les moyens de ventes, etc. Autant de questions qui sont au coeur de la résilience d’un projet agricole, car la charge de travail et la nécessité de cumuler toutes les compétences rendent le métier de paysan individuel très dur. Céline RIOLO co-directrices pour Les Fermes Partagées, explore les possibles pour penser des modèles agricoles coopératifs, entre cadre légal, dynamique sociale et volonté politique.
https://lesfermespartagees.coop/

Thursday Jun 13, 2024
Thursday Jun 13, 2024
Au delà de l’optimisation de l’utilisation des pâtures, le pâturage tournant dynamique nous invite à regarder de plus près la relation herbe - animal - sol, à nous intéresser à la complexité de ces inter-relations. Technique qui nous permet d'observer une amélioration de nos patures, de la santé de nos animaux et de la rentabilité de notre entreprise. Et c'est ce dont nous parle Mathieu Bessière dans cet épisode.Arbres et paysage 66 : https://ap66.org/
Arbres et paysage 32 : https://ap32.fr/
Rhizobium : https://www.sarlrhizobium.fr/
https://www.verdeterreprod.fr/mathieu-bessiere/

Thursday Jun 06, 2024
Episode 2 - Revitaliser les sols avec Francis Bucaille
Thursday Jun 06, 2024
Thursday Jun 06, 2024
Francis BUCAILLE auteur du livre Revitaliser les sols, nous parle de ces différentes composantes qui caractérisent un sol vivant et fertile. A travers cet entretient, Francis nous explique comment diagnostiquer son sol, comprendre les interactions et mettre en place des stratégies pour répondre aux enjeux actuels de manque de fertilité, de sécheresse et de santé de nos cultures.https://www.agribooster.net/
https://www.gaiago.eu/contact-protection-sol
contact@gaiago.eu

Thursday May 23, 2024
Thursday May 23, 2024
Daniel Zimmer l'empreinte eau : https://www.eclm.fr/livre/l-empreinte-eau/
Noemie Calais Plutôt Nourrir : https://www.leporcnoirdenoemie.fr/livre
https://www.hydronomie.fr/
https://www.phacelia.fr/
Episode 1 - Questionner le rapport à l'eau, à la terre et au métier de paysanne avec Marlène Vissac
Lennan Bate: Bonjour Marlène, est-ce que tu peux commencer par nous parler de toi, de ton parcours et de ton travail actuel ?
Marlène Vissac: Bonjour, je suis Marlène, merci de m'inviter à participer à ce podcast. Qui je suis ? J'ai plusieurs casquettes professionnelles. La première, je suis technicienne hydronomie. Et la deuxième, je suis agricultrice, élevage, j'élève des ovins pour la viande, entre autres. Qu'est-ce que je fais ? J'essaye de partager ces activités dans mon quotidien. Technicienne d'hydronomie, ça veut dire que j'accompagne des agriculteurs qui sont soucieux de faire révoluer leurs pratiques en vue d'augmenter la résilience de leurs outils de production. Et ça m'amène à faire des audits, ça m'amène à former des gens, des agriculteurs, entre autres. Et puis, la plus grande partie de mon temps va se passer à la rénovation de la ferme et à la gestion du troupeau. Voilà.
Lennan Bate:Tu es technicienne en hydronomie et tu travailles notamment avec une pratique qui s'appelle le Keyline Design. Est-ce que tu peux expliquer pour ceux qui ne connaissent pas ce que c'est que le Keyline Design ?
Marlène Vissac: Le Keyline Design, c'est une méthodologie de conception qui nous vient de l'Australie. Son fondateur, qui s'appelle Perceval Alfred Jomans, qui est décédé maintenant, a défini, selon lui, des critères établis par ordre de priorité à considérer pour pouvoir établir la conception, l'aménagement du paysage d'une ferme, d'une ville. Ça s'étend à plein d'échelles. Et le Key Line Design repose, donc cette méthodologie prend en considération le climat, la topographie, l'eau, pour arriver ensuite à la définition des accès, des infrastructures, des systèmes on va dire agroforestiques, qu'ils soient bosqués, haies, etc. Mais toutes ces approches se rejoignent, comment je dirais, il y a la méthodologie mais qui s'inscrit dans une approche très globale. Et là, je rezoome sur l'aspect plus agricole. qu'un aménagement ne se suffit pas, il est nécessaire de définir des objectifs et des itinéraires techniques pour que l'aménagement réponde aux objectifs qu'on s'était fixés. Et du coup, le Key Line Design, ça entend la régénération des sols, l'augmentation de la fertilité des sols, l'augmentation de la diversité, mais aussi du rendement des prairies. et puis tout ça en essayant de diminuer les érosions au sein du paysage, donc les érosions qu'elles soient d'ordre éolienne comme hydrique. Et du coup, M. Jomans avait décelé en fait dans le paysage un point bien particulier où la topographie et l'hydrologie se rencontrent, au bénéfice du paysage pour répondre à tous ces objectifs-là en utilisant la moindre énergie possible, en s'appuyant sur la gravité. A l'intérieur, on va retrouver une méthodologie de conception, on va retrouver des recommandations d'itinéraire technique, et pour les aménagements, on va s'appuyer sur la topographie, le relief, la circulation de l'eau, pour pouvoir créer une conception qui soit la plus résiliente possible.
Lennan Bate: L'échelle de la permanence, comment elle s'ancre dans une réflexion globale de la ferme ?
Marlène Vissac: Ok, alors là je vais revenir au XXIe siècle, jusqu'ici au Mons, je vais te parler un peu de comment moi je l'utilise et comment elle devient un outil aussi de transition agricole. C'est que chaque élément de cette échelle de la permanence relative est pris par ordre de priorité, c'est-à-dire que le climat c'est le maître du jeu. et qu'en fonction du climat, va s'être formée une topographie, etc. Quels sont les paramètres sur lesquels, en tant qu'humain, on a un impact mais avec quasiment aucune maîtrise ? Et sur ce paramètre-là, quels vont être les impacts sur les autres paramètres ? Et par exemple le climat, dans la transition agricole pour laquelle j'œuvre au sein de mon métier de technicienne mais aussi en tant qu'Èleveuse, c'est quelles sont les ressources climatiques et quelles sont les contraintes climatiques qui me permettent de définir les choix de production, déjà. Et ça, je trouve que c'est quelque chose qui n'a l'air de rien de nouveau, mais qui est quand même très innovant au XXIe siècle, puisque la majorité des paysages et les politiques agricoles communes ont plutôt soutenu le développement, initié du développement et initié de la prise en charge ou du soutien financier. au regard des productions qui devenaient les plus rentables dans un contexte de marché global. Or, par exemple, la France a été découpée comme ça. Les territoires, il y a par exemple la Bretagne qui est célèbre pour ses légumes et son porc. Il y a le pourtour de Toulouse qui est reconnu pour ses céréales et ses oléagineuses, etc. Ou le massin de Montauban pour tout ce qui va être fruitier. Et en fait, ça a été positionné sur des données agronomiques, sur quelles étaient les portances des sols et du coup, qu'est-ce qu'on pouvait atteindre comme objectif à partir de la portance des sols. Mais ce qu'on avait fondamentalement oublié, c'est que l'ensemble, par exemple, des précipitations C'était l'ensemble des précipitations d'un bassin versant qui allait être utilisé pour soutenir les productions de Toulouse, par exemple. Si on reprend l'exemple de Toulouse, les agronomes ont défini que le bassin allait produire tant de quinto à l'hectare et attendu telle céréale, telle oléagineuse, etc. en se basant sur à la fois les ressources du sol de la région toulousaine, mais de toute l'eau du bassin versant, de la partie amont du bassin versant. Il se trouve par exemple que je suis éleveuse en tête de bassin versant d'Adour-et-Garonne et qu'en Aveyron, parce que du coup je me situe en Aveyron, en Aveyron on a des restrictions d'usage d'eau un mois, un mois et demi avant le reste du territoire du bassin versant d'Adour-et- Garonne parce qu'il faut maintenir le débit de la Garonne qui va soutenir les productions agricoles de Toulouse. Et du coup ça crée en fait une énorme disparité économique, ça crée une énorme disparité sur la diversité et la biodiversité des paysages, et sur l'appropriation ou la mobilisation de ressources qui sont, de mon point de vue, un bien commun. Donc pourquoi est-ce que le climat, considérer le climat aujourd'hui comme innovant ? Eh bien, notamment ça, qu'est-ce qu'on a comme ressources et comme contraintes climatiques sur les territoires ? et à quoi peuvent être destinées ces ressources et ne plus les compter dans une échelle globale et restreindre des territoires pour en enrichir d'autres. Voilà, et puis dans une autre mesure, c'est aussi que jusqu'à présent, il y avait très peu de questions concernant la ressource en eau, parce que quand on ouvre les robinets, ça coule et on ne se pose pas trop de problèmes, pas trop de questions. Or, il y a de plus en plus de départements qui ne voient plus l'eau du tout couler au robinet. Comment est-ce qu'on peut maintenir une souveraineté alimentaire dans un territoire qui se réchauffe de plus en plus, qui a des précipitations de plus en plus disparates dans l'année, et de façon à la répartir avec tous les vivants, parce que les humains c'est une chose dans le monde agricole, mais il y a les animaux domestiques qui font partie des élevages, mais il y a aussi toute la faune sauvage aussi. Donc voilà comment Comment ça devient un outil ? Eh bien, ne serait-ce que de poser la question à tous les agriculteurs que je connais et je leur demande combien de volume d'eau ils dépensent par an. Généralement, je n'ai pas beaucoup de réponses à cette question, à part un coût de facture, mais pas un volume d'eau. Et du coup, je les accompagne à réfléchir, qu'est-ce qu'on a comme précipitation sur le territoire ? Qu'est-ce qu'on peut stocker in situ de la ferme ? Et du coup, quelle production on peut définir derrière ? Voilà, c'est un peu comme ça que je considère que c'est un outil de conception innovant parce que ça demande de revoir complètement notre approche du paysage, notre approche du développement agricole et les filières et la répartition des ressources et des productions agricoles.
Lennan Bate: La question du réchauffement climatique, des sécheresses, etc., on va l'aborder un peu plus tard. Mais d'abord, j'aimerais bien me poser et comprendre qu'est-ce qui diffère... Cette approche est née en Australie, dans un contexte climatique et géographique très spécifique. Qu'est-ce qui diffère de cette approche, cette technique en Australie, de ce qu'on peut faire aujourd'hui ici en France ?
Marlène Vissac: Alors déjà, on n'est pas sur les mêmes surfaces. Les fermes australiennes, c'est plusieurs centaines d'hectares. Et chez nous, les fermes de centaines d'hectares qui sont d'un seul morceau, elles se font quand même assez rares ou en tout cas, peut-être plus localisées dans le nord que chez moi, dans le grand sud-ouest. Donc voilà, il y a déjà une notion d'échelle qui demande, c'est ce qui fait la possibilité de le réaliser ou pas, d'ailleurs, cette approche Keyline. Ensuite, on ne s'inscrit pas non plus dans les mêmes carcans socio-économiques. C'est-à-dire qu'en Australie, c'est un pays qui est très libéral en termes d'économie, et les agriculteurs n'ont pas les mêmes aides ou les mêmes soutiens qu'on peut avoir en Europe, notamment. Ce qui va différer c'est la volonté de prendre un risque d'être innovant et d'avoir aussi les capacités de gérer de la transition, une capacité financière dans un premier temps et puis une capacité technique aussi, parce que quand on a hérité ou quand on a fait le rachat d'une ferme, en fonction de son état, on n'a pas forcément imaginer qu'on allait transformer ou alors investir sur, je ne sais pas, par exemple, l'implantation d'arbres qui va donner un bénéfice assuré à la ferme, mais probablement à la fin de la carrière de celui qui l'aura montée. Et du coup, comment est-ce qu'on le valorise, en fait ? Ça, c'est très différent. Ce n'est pas du tout les mêmes approches parce que, voilà, pas les mêmes enjeux, pas les mêmes développements socio- économiques. Voilà, je dirais que c'est surtout ça. En France, par exemple, ça fait depuis la première période de Covid où les formations baissent vachement en fréquentation. Deux ans de Covid, ça met à mal une trésorerie. Deux ans de sécheresse, ça fait descendre aussi les productions. Et du coup, qu'est-ce qu'on est prêt à investir ? En France, c'est la question qui est posée. Et puis pour finir, En Australie, comme les fermes sont immenses, la gouvernance des paysages va passer par les gestionnaires des paysages. En France, c'est très découpé, la gouvernance de la gestion des paysages et la gestion de l'eau notamment. C'est une poignée d'agriculteurs qui va être rassemblée autour de la table et des discussions et des prises de décisions. et c'est souvent des agriculteurs qui ont une certaine puissance économique ou un certain rayonnement, qui se seront fédérés autour d'entreprises ou de coopératives irrigantes, et les enjeux peuvent ne pas tout à fait être les mêmes.
Lennan Bate: En Australie, on a plus facilement une réflexion sur l'ensemble du bassin versant, parce que c'est l'unité de la ferme, qu'en France où on est partagé à plusieurs agricultrices. sur un même bassin versant. Il y a une réflexion plus complexe sur une communauté. C'est ça ?
Marlène Vissac: Exactement. C'est plus complexe à l'échelle d'une communauté. On est entre deux eaux. Il y a des territoires très abîmés par les sécheresses ou les inondations qui ne s'arrêtent plus dans le nord de la France. Et ça ne rassemble pas la nation. En Australie, déjà, on est sur un pays qui est immense, beaucoup plus grand que la France. Et en fait, les sécheresses et les incendies, ça fait plusieurs années qu'ils les ont. Et donc, les enjeux, encore une fois, ne sont pas les mêmes. C'est-à-dire qu'on n'a plus le temps de se poser la question, est-ce qu'on prend le risque ou pas ? Puisque le risque, il est déjà là, en fait. En France, on se tâtonne encore un peu. Est-ce qu'on y va ? Est-ce qu'on n'y va pas ? Est-ce que c'est à l'échelle individuelle que ça doit se prendre ou est-ce que c'est à l'échelle de quelque chose de beaucoup plus global, de communautaire ? Et il n'y a pas de prise de position, que ce soit au niveau des politiques, que ce soit au niveau des acteurs territoriaux, que ce soit au niveau des agriculteurs. Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'initiative ÉPARS en France. Il y a aussi plein de contre-exemples à ce que je vais dire, mais ça n'est pas malheureusement encore une majorité et ça ne représente pas comment je dirais, un élan et une prise d'initiative, j'ai presque envie de dire générale, voilà.
Lennan Bate: Selon toi, pourquoi est-ce que dans un climat où en Australie ils ont très peu de subventions et d'aides agricoles, comment ça se fait qu'ils ont l'air de prendre plus de risques à mettre en place et à investir dans leurs fermes qu'en France où on est quand même soutenu, on a un coussin financier et qu'on prend moins de risques au niveau de la gestion de l'eau ?
Marlène Vissac: Alors oui, on a des coussins financiers en France, en Europe, mais qui demandent beaucoup, beaucoup de conditions. Et parfois, c'est des conditions qui engagent sur 4 ans, 5 ans, 7 ans, et ces conditions ne peuvent pas se rompre comme ça. Donc déjà, il y a une contrainte sur la condition. Et comment on appelle ça ? Quand on a reçu des subventions, on doit prouver qu'elles ont été utilisées à bonne et due forme, etc. Donc voilà, il y a ça qui est très gênante. Ensuite, quand on a des subventions à la calamité et pas de subventions à l'investissement, ça ne pousse pas les personnes à être innovantes. C'est qu'il y a un choix aussi politique sur comment vont être rétribuées ces subventions. Voilà, 2022-2023, des aides calamités qui ont qui ne vont pas combler les déficits de tout le monde, mais qui sont là pour compenser tout ou partie. Mais il n'y a pas de subvention à la réalisation d'une réserve collinaire collective sur un territoire, par exemple. Ça, ça n'existe pas. On peut demander des subventions, mais ça va être des subventions qui vont être très, très basses et qui demandent d'avoir aussi un statut juridique autour de ça. C'est des choses qui sont assez vieilles France, en fait, finalement. Les statuts juridiques, ils n'ont pas tellement évolué. C'est-à-dire que si tu veux faire un ouvrage collectif, il faut que tu te mettes dans une société, dans un gag, dans un regroupement. C'est des choses qui sont assez lourdes à porter. Je dirais que c'est principalement ces trois axes-là. La subvention qui est au mauvais endroit, la subvention qui n'est pas du tout incitatrice, et puis les formules juridiques qui sont plus adaptées et qui ont du mal à être visitées. Encore une fois, quand on est sur des grands territoires en Australie, c'est facile d'avoir quatre personnes autour de la table pour parler d'un bassin versant. Si on devait parler du bassin versant de la rivière Aveyron, on ne serait pas trois ou quatre autour de la table, on serait des centaines avec des prorogatives différentes. Et c'est aussi des savoir-être et savoir-vivre ensemble qui sont plus... qui sont plus difficiles aussi à, comment je dirais, à reconnecter quand on n'a pas l'habitude de décider, de prendre des décisions collectivement. Qu'est-ce qui se passe quand on est plusieurs dizaines autour d'une table à ne pas être outillé et avoir des intérêts d'abord individuels et puis éventuellement à l'échelle de plus global. Mais il faut que tout ça, ça se rencontre et ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile. Regretter Hubert Reeves qui appelait ça le PFH, c'est effectivement, ça va être Une des premières barrières quoi, ouais.
Lennan Bate: Alors avant de parler de solution, j'aimerais qu'on définisse bien les termes. Yeoman s'est connu pour avoir mis en place sur sa ferme Yeobarney en Australie tout un système de récupération d'eau à travers une dizaine de bassins de rétention et tout un système d'irrigation par gravité en utilisant ses bassins communicants. Et après plus de 60 ans sans utilisation ni entretien, ça fonctionne encore très très bien. Aujourd'hui, on parle beaucoup de mégabassines. Alors, est-ce que
tu peux définir pour nous la différence entre retenue collinaire et mégabassine ?
Marlène Vissac: OK. Alors, les réserves collinaires, c'est des réserves qui sont faites... Déjà, c'est à beaucoup plus petite échelle, ça ne représente pas plusieurs dizaines d'hectares en surface, c'est des choses qui sont beaucoup plus petites, et qui sont placées en fait sur les flancs de colline, tel que son nom l'indique, souvent, en tout cas. C'est-à-dire qu'on s'appuie sur la topographie pour avoir, je vulgarise la chose et j'essaye de lui donner une image, c'est que quand on est dans une vallée très encaissée et que c'est pertinent ici de collecter les eaux de ruissellement, il suffit entre guillemets de faire un mur pour fermer en fait cette vallée très encaissée. Donc en termes de dépenses énergétiques de construction, c'est assez minimaliste. et l'objectif c'est qu'elle fonctionne le plus possible par gravité, c'est-à-dire qu'elle distribue l'eau en gravité et avec le moins d'énergie potentielle. Donc on va plutôt retrouver les réserves collinaires encore une fois sur les hauteurs. plutôt en haut de bassin, c'est des ouvrages qui sont petits et qui vont collecter du ruissellement. Il y a plein d'avantages et plein d'inconvénients sur ce type d'ouvrage. C'est souvent des ouvrages qui sont individuels, qui vont être financés et gérés à l'échelle d'une ferme. Les mégabassines, ce sont des ouvrages qui font plusieurs dizaines d'hectares. La majorité d'entre elles, celles qui sont construites en France ou qui ont eu un projet de construction, parce que là, ces deux derniers mois, j'ai un peu arrêté de suivre où on en était sur les autorisations et les arrêts d'autorisation sur les constructions, mais l'ensemble était plutôt placé en bas de bassin versant. Souvenez-vous de Saint-Sauline, par exemple, on est pratiquement au bord de la mer, on est en très basse altitude et ces méga bassines ont pour intérêt de collecter, enfin de collecter, non, de sortir les eaux souterraines hivernales sous prétexte qu'il y ait une abondance de pluie en hiver et que donc les nappes se remplissent très très vite et donc les nappes potentiellement débordent. Donc on va prendre le débordement de ces nappes pour les mettre dans ces mégabassines qui sont en surface et soutenir les besoins d'irrigation du territoire. Donc ça fonctionne avec la bon nombre d'énergie, de matériaux, et puis ça va fonctionner aussi par pompage. Donc voilà, il y a de l'énergie qui est utilisée pour l'extraction au niveau de la nappe, comme l'utilisation pour l'irrigation. Et je précise sur l'irrigation, parce que les réserves collinaires, on va les retrouver dans différents territoires et ça peut être aussi 100% dédié à de l'abreuvement, un petit outillage électrique, comme faire fonctionner un petit moulin, un petit alternateur, comme aller sur l'irrigation. Les mégabassines ont été construites principalement pour l'irrigation. et sur des stations, sur des fermes qui pensent qu'avoir une réserve pleine d'eau et d'ouvrir les vannes va suffire à faire cultiver ce qu'il y a à cultiver et ne va pas avoir de regard sur les érosions, les salinisations. Là on m'arrive sur des détails techniques sur les dégâts que ça peut faire sur un sol. Donc ça aussi, là j'ai dépeint un bon nombre d'inconvénients. Le gros avantage de la méga bassine, c'est qu'elle permet de soutenir un système qui fait de la production à bas prix alimentaire. Et elle soutient un modèle économique qui peut être une force active d'un territoire comme en Charente, par exemple, où la majorité des gens sont agriculteurs. Les réserves collinaires vont avoir le gros inconvénient de faire de l'arrêt de sédimentation et puis ne permettent pas toujours la continuité écologique. Et ça fait partie aussi d'une privatisation d'un bien commun. Et les deux vont rassembler des problématiques qui vont être réchauffement des eaux, évapotranspiration des eaux, potentiellement prolifération d'algues, de moustiques, etc. Après, ça engendre pour les deux modèles, ça va engendrer toutes les problématiques qu'on connaît, avoir de l'eau mise en surface sans un écosystème naturel qui va s'établir autour puisque c'est des ouvrages qui sont artificiels et maintenus en l'état.
Lennan Bate: Dans les méga-vaccines, il y a eu une étude sur le développement des cyanobactéries et des algues dans ces eaux, qui les rendent impropres à l'utilisation, à l'irrigation, etc. Ce sont des eaux qu'on récupère dans les sous-sols, qu'on stocke en surface. On n'est pas sur des ruissellements et un captage qui ralentit le flux de l'eau et laisse repartir derrière.
Marlène Vissac: Puisqu'On a tendance un peu aussi à oublier, ou peut-être que c'est vulgarisé à bonne essence, c'est qu'il y a plein de sortes de nappes dans le sous-sol. Il y a des nappes qu'on appelle des nappes captives, il y a des nappes qui sont en mouvement, il y a des nappes qui sont en surface, il y a des nappes qui sont en profondeur. Et en fait, depuis 2022, beaucoup d'hydrogéologues se rendent compte que ce qui est scanné et échographié depuis la surface ne correspond pas forcément au volume d'eau. Il y a eu des Dans les rôles à côté de chez moi, il y a plusieurs hydrogéologues qui sont descendus en spéléo parce qu'ils ne comprenaient plus du tout pourquoi est-ce que dans certaines communes, il n'y avait pas beaucoup d'eau alors que ce qu'ils sondaient dans les nappes, le volume était censé être présent. Et en fait, on sait faire plein de choses. On sait envoyer des trucs sur Mars, on sait travailler des champs agricoles en drone, mais on ne s'est pas intéressé du tout au fonctionnement de la circulation des eaux souterraines de France. Et puis, il ne faut pas oublier aussi que Il y a un âge, une goutte d'eau, elle ne rentre pas comme ça dans les sols aussi facilement que ça. Il y a Daniel Zimmer qui a écrit l'empreinte eau que je vous recommande de lire, qui a collecté en fait des données, et autour de l'âge de l'eau en moyenne sur Terre, donc sur la planète, une goutte d'eau souterraine a en moyenne 3500 ans. Donc ce n'est pas anodin, ce qu'on appelle le débordement de nappes, ça arrive sur des nappes qui sont superficielles, qui sont connectées à des cours d'eau, et donc le fait qu'on pompe d'un côté, inévitablement va assécher de l'autre, parce qu'on va se parler de la mémo, et le temps de remplissage de ces nappes ne se fond pas à chaque fois qu'il y a une grosse flotte en hiver. On va parler des nappes superficielles, mais on ne va pas du tout parler des nappes profondes, il va falloir que la goutte passe par toutes les couilles de sol, Et en fonction de l'urbanisation développante ou des itinéraires techniques agricoles, les sols et la géologie, la goutte va mettre plus ou moins de temps à franchir ça. Donc ce n'est pas anodin d'aller prélever une eau qui a plusieurs milliers d'années, qui a été privée d'UV, qui a été filtrée dans des sols, et d'un coup de la mettre sous les rayons UV, à la surface. Et du coup, dans l'eau, il y a des composantes qui sont oubliées et qui donnent des conditions favorables au développement de certaines cyanobactéries qui sont nocives. Il y a les cyanobactéries, mais il y a aussi les moustiques, et ça peut être vite un fléau sanitaire, il ne faut pas l'oublier.
Lennan Bate: Tu fais très bien de le rappeler, et même à des petites échelles, tu parlais de 10 000 hectares pour des méga-bassines, mais même à des petites échelles, de pomper de l'eau souterraine pour la stocker en surface, ça ne fait pas tout à fait sens.
Marlène Vissac: Tout à fait. Et on est bien d'accord que tout le monde a besoin de boire, mais je rêve secrètement d'une humanité un peu décoloniale et qui serait en mesure de se rendre compte qu'elle n'est pas la seule à avoir soif. Et comment est-ce qu'on peut répondre à nos besoins sans aller priver les autres, en fait, nos besoins. Ça, c'est mon petit rêve, quoi.
Lennan Bate: Qu'est-ce qu'un individu, une petite ferme, pourrait faire pour commencer à réhydrater son paysage ? Répondre à des enjeux de problèmes d'hydratation sur sa ferme ?
Marlène Vissac: Très vaste question. Je vais essayer d'être concise.
Lennan Bate: Tu peux parler de tes clients et des situations que tu as pu couvrir ?
Marlène Vissac: Alors déjà, ce que j'aime rappeler à tout le monde, c'est que même si c'est très angoissant de voir l'évolution climatique arriver, voire même d'être très présente sur certains territoires, Pour autant, ce n'est pas parce qu'on a des volumes d'eau que, quand on ouvre les vannes, l'eau va être utilisée. J'ai bon nombre d'exemples de maraîchers qui, l'année dernière, m'appelaient en catastrophe en me disant « je ne comprends pas, j'irrigue et ça ne pousse pas, mes légumes n'arrivent pas à maturité, il y a un arrêt de croissance ». Et pourtant, une plante qui fait de la photosynthèse, elle a de la lumière, elle a un sol et elle a de l'eau, pourquoi elle ne pousse pas ? Donc en fait, mon premier conseil, c'est de rentrer en contact avec le sol. On a aussi beaucoup oublié ça, c'est-à-dire que qu'on soit maraîcher, céréalier, éleveur, la première chose qu'on fait, c'est qu'on élève des sols, des sols vivants, des sols poreux, des sols qui sont en capacité de séquestrer du carbone. C'est le premier levier sur la résilience. et que ce soit en fait dans des territoires fortement inondés comme sur des territoires qui sont plutôt voués à de grandes sécheresses. Donc voilà, c'est de se reconnecter à son sol, de comprendre comment ça marche, où est-ce qu'il en est dans son état d'évolution, quelles en sont les carences et comment est l'activité biologique. Ça, c'est mon premier conseil. Ensuite, le deuxième conseil, c'est de s'intéresser au climat. Alors là, tu vois, je prends les choses un peu à l'envers sur l'échelle de la permanence relative, à partir du moment où tu as compris comment fonctionnait ton sol et dans quel état d'évolution et biologique il est, et que tu as compris aussi le climat, c'est-à-dire c'est quand qu'il va faire très chaud, c'est quand qu'il va faire très sec, c'est quand qu'il va y avoir beaucoup d'eau, et comment elles sont réparties en fait ces périodes de grande activité biologique et de ralentissement biologique. Et en fait, rien qu'en vous en connectant, c'est facile à dire, En faisant connecter ces deux gros paramètres, c'est de définir qu'est-ce qui va être possible de faire et de ne pas le prendre à l'inverse. Ce n'est pas parce que j'ai envie de manger des tomates et de la mozzarella que je vais faire des champs de tomates et je vais avoir des bufflonnes en Aveyron. Ce n'est pas du tout cohérent. Ça répond à ma demande, mais ce n'est pas du tout pertinent au vu des ressources de mon territoire. Donc voilà quel sol j'ai et quel climat j'ai et à partir de là, quelle production je peux établir. Alors ça va à l'opposé de toutes les recommandations à l'installation et comment les filières sont fichues. Et c'est bien dommage. C'est pour ça que je parle d'une transition agricole et pas de transition écologique. C'est vraiment une transition agricole dont on en chante. Ensuite, c'est de repérer quelles sont les contraintes. On a tous des contraintes, mais quelles sont les contraintes les plus dommageables ? Est-ce que c'est la présence d'un vent régulièrement et qui est très asséchant ? Est-ce que c'est le dénivelé ? des forts volumes de ruissellement très condensés sur une année, de façon à définir ensuite les stratégies qui vont être adaptées. Qu'est-ce que j'ai comme sol et à quoi je suis soumis en climat ? Et quelles sont mes contraintes ? Et du coup, voilà, là, on va pouvoir commencer à ouvrir les boîtes à outils et définir quelles stratégies on peut mettre en place. Mais si on ne sait pas poser un objectif et qu'on n'a pas conscience de nos moyens et de nos ressources, alors c'est difficile de définir des stratégies. Et après, des stratégies, il en existe plein. Si on est éleveur, ça va être sur la conduite des prairies, sur l'immunité des troupeaux, etc. Si on est maraîcher, ça va être le travail sur des variétés avec des semences qui sont reproductibles et issues localement. Ça va être aussi de travailler sur les limites de l'évapotranspiration du légume de production, donc c'est la mise à l'ombre. Sur les céréaliers, quand c'est possible de travailler en sommet direct sous couvert pour maintenir des sols en état de photosynthèse le plus longtemps dans l'année. Mais là, on peut y amener de l'arbre, on peut y amener de l'arbre avec différents motifs. Comme ça, on peut combiner les différents effets. Travailler sur le ruissellement, l'érosion éolienne et hydrique, sur la stabilisation des humus, sur l'ombre portée, sur le ralentissement des vents, sur l'effet tampon, etc. Ok. Ça peut après aller sur de l'aménagement structurel beaucoup plus fort. Ça peut être aller construire des ouvrages d'hydraulique douce. On a parlé des réserves collinaires, mais comment est-ce qu'on les connecte ensemble ? Comment on fait circuler l'eau, des points de concentration vers les points les plus asséchants ? On peut être sur de la baissière, on peut être sur du motif keyline. Ça, c'est magique, je trouve, parce qu'au XXIe siècle, on a un passif énorme parce que 15 000 ans d'histoire de domestication, donc on a un passif énorme. à suivre. On a une technologie à notre portée parce qu'on finit de plus en plus vieux et on se fait de moins en moins mal. Et on a la magie du voyage et d'Internet qui nous fait circuler bon nombre de stratégies, que ce soit des pays plus au sud, plus au nord, etc. Et donc, en fait, on a un panel des possibles. La boîte à outils, elle en est pleine, en fait. Mais il n'y a pas de solution miracle, déjà, parce qu'on est tous dans un bocal fermé. La Terre, il va faire chaud pour tout le monde, etc. Donc voilà, on n'a pas de solution miracle, on a plein d'outils, mais encore une fois, il faut se donner les moyens de faire rencontrer quels sont les moyens et quelles sont les possibilités. Sans ça, c'est continuer dans la même roue.
Lennan Bate: C'est super que tu rappelles l'importance du contexte propre de chaque individu, et que la réponse ne sera pas universelle, mais vraiment spécifique. En stratégie holistique, en anglais c'est Holistic Management du Savory Institute, ils donnent cette image parlante d'une grande chaîne qui composerait l'ensemble. il faut adresser le maillon le plus faible. C'est-à-dire qu'on aura beau renforcer tous les maillons de la chaîne, si on n'a pas adressé le maillon qui est le plus faible, la structure, la solidité de la chaîne sera toujours très mauvaise. Et ça, ce sera réellement spécifique au contexte et à l'individu.
Marlène Vissac: Oui, tout à fait. Et ça, c'est ce qui me tient à cœur, c'est de... s'il y ades agriculteurs qui nous entendent et s'il y a des consommateurs, c'est-à-dire s'il y a les productoristes et puis les bouches, en fait, il faut considérer que... Je trouve que le milieu agricole, c'est le métier, c'est en tout cas la filière professionnelle la plus jugée, la plus stigmatisée, la plus médiatisée, celle sur laquelle on pose énormément d'attentes. Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le milieu agricole, il est régi à plein de réglementations et à des phénomènes de société. Et en fait, je vais donner un exemple hyper terre à terre qui me concerne directement. Moi, je suis éleveuse d'eau, je vends donc des agneaux pour la viande. j'ai beaucoup de difficultés à vendre et à valoriser mon produit, parce que dans le territoire, on n'est pas habitué à manger de l'agneau. Apparemment, la viande serait responsable de la plus grande des pollutions sur Terre, donc voilà, c'est mal de manger de la viande, parce qu'il n'y a pas de distingos sur les filières et comment est-ce qu'on travaille l'animal, etc. Et pourtant, en fait, sur mon territoire, eh ben j'ai pas la possibilité de faire autre chose en fait. Anciennement, on produisait beaucoup de veau parce que les prairies étaient grasses et du coup, il y avait beaucoup... la ressource était suffisante pour faire de l'élevage bovin, mais les prairies ayant été parfois négligées, mal conduites, à volonté de plus de rendement, remplacées par du riz gras, etc. En fait, ça soutient plus le bovin. Pour moi, il n'y a pas de maintien des paysages ouverts sans animaux, il n'y a pas de fertilité des sols maintenues sans la présence d'animaux et avec une gestion bien évidemment maîtrisée. Et donc voilà, en fait, j'en sauvage ma ferme, je travaille à sa régénération sur les sols, à maintenir une activité économique sur un territoire qui est en déprise agricole. Mais ce qui me manque, c'est la bouche qui soutient ma filière, en fait. Et du coup, si la bouche ne peut pas soutenir ma filière, alors je suis tributaire des subventions et donc j'ai une marge de manœuvre beaucoup plus limitante. Et du coup, ce que j'aimerais rappeler aussi, c'est que dans les solutions, en fait, techniquement, on les a. Mais parfois, ce qui nous empêche de les mettre en place, c'est finalement qui s'intéresse ? Finalement, qui sait que ça va mobiliser et qui va se réunir autour de ce projet et valoriser ce produit ? Quand, comme tout le monde, on cherche à économiser de moindres centimes et les chiffres sont assez effroyables. C'est-à-dire que l'alimentation, en 20 ans, 30 ans, la part financière dédiée à l'alimentation, elle a juste été hyper coupée. On a tous des super smartphones, des voitures hybrides, on part tous en vacances et on fait l'impasse sur une qualité alimentaire. Mais en fait, cette qualité alimentaire, elle est aussi représentative d'une qualité de travail sur le paysage. Et donc, c'est quelque chose qui est sociétal et qui ne repose pas que sur les gestionnaires de paysage. Parce qu'encore une fois, Les gestionnaires de paysages répondent à une demande et ce serait bien que les bouches puissent le soutenir. Et toutes les bouches, pas que les bouches qui ont les moyens de s'offrir de l'agneau bio. Ce serait génial qu'on puisse tous participer à la diffusion de ces aliments de bonne qualité et qui font du bien à tous les écosystèmes, qui rendent des services bénéfiques aux écosystèmes et qu'elles soient en plus disponibles à la portée de toutes les bourses. Voilà, ça, c'est mon deuxième rêve. J'en pose beaucoup en début d'année. J'ai le droit de faire tous mes vœux. Mais oui, voilà, de ne pas oublier ça, de ne pas oublier ça, parce que quand on produit, on produit pour nourrir et qui on nourrit. Et je suis comme Noémie Calé, plutôt nourrir qu'autre chose. Mais ça fait du bien de se sentir soutenu aussi par les personnes qu'on nourrit. Et ça ne sera pas saint l'autre finalement. Parce que si on réfléchit, quelles sont les ressources d'un territoire et que ce territoire, je ne sais pas, on pourrait parler par exemple de motoban, habitué à avoir des stations fruitières très abondantes et du coup des fruits assez accessibles pour le territoire du Tarn et du Tarn-et-Garonne. Sauf que les productions fruitières ne peuvent plus être soutenues à cause de l'évolution climatique. Que va devenir ce territoire en fait ? Que va devenir ce territoire ? Est-ce que les bouches vont pouvoir supporter ce changement-là ? On a tous envie de manger des tomates l'été, mais est-ce que tous les sols sont propices à la culture de tomates ? Et est-ce que toutes les précipitations et tous les contextes climatiques sont propices à cultiver la tomate ? On aime tout ça, mais un peu de sobriété ne nous ferait pas de mal, peut-être. Voilà.
Lennan Bate: Tu fais très bien de rappeler l'importance de ne pas tous les efforts sur le
dos des paysannes. Si on veut avoir une agriculture de régénération, ça doit passer par tout le monde. Les clients sont en première ligne, puisque sans eux on n'existe pas. C'est très important de rappeler que l'effort est collectif. On ne peut pas demander systématiquement aux agriculteurs de travailler différemment. d'apprendre, de découvrir des nouvelles méthodes, etc. Si, de l'autre côté, la clientèle ne fait pas d'eux- mêmes, et elle aussi demande, elle aussi cherche, comprend.
Marlène Vissac: La situation climatique, elle impacte toutes les vies, encore une fois. En tant qu'agricultrice, paysanne, on a bien reçu le message, on sait ce qu'il faut faire. Maintenant, on ne pourra pas y arriver de notre côté, encore une fois, s'il n'y a pas le soutien de la société, parce que c'est une démarche 100% sociétale.
Lennan Bate: Bon, alors ça fait une bonne transition pour nous parler de chez toi, ta ferme et tes brebis de race Rayol.
Marlène Vissac: Ouais, alors je suis basée dans le Ségala, j'en ai un peu dit, un territoire hyper connu avant pour la qualité de son veau du Ségala. Et puis, des fermes qui, dans les années 90 et 2000, ont bien grossi. Tant est si bien grossi qu'il n'y a aucun enfant qui veut reprendre. Et puis, ça fait des fermes intransmissibles parce qu'énormes et trop chères. et puis avec des prairies mal en point et qui ont du mal à soutenir de l'élevage de plein air. Donc voilà, moi je me suis installée dans une vieille ferme, je rénove des vieux bâtiments qui datent du siècle dernier. Et donc j'élève une race de brebis qui s'appelle la brebis rayole, donc comme tu l'as dit, qui est plutôt originaire des Cévennes. Son berceau de développement, c'était les Cévennes. Et comme le changement climatique est bien là, ben voilà, elles ont été importées de l'autre côté du massif central. Je fais partie du programme de conservation de la race, parce qu'en fait, sur toutes les races domestiques en Europe, il reste seulement 5% des races qui ont été domestiquées. Et voilà, par des années et des années de travail, des milliers d'années de travail de l'humain, c'est des races qui disparaissent. Il n'y a pas que la biodiversité sauvage, mais il y a aussi la biodiversité domestique qui est en train de disparaître. Et je suis fascinée par ces brebis pour différentes raisons. Déjà, je les trouve magnifiques. Elles ont un port très gracieux. Elles ont des cornes. Et voilà, je suis amoureuse des bêtes à cornes et amoureuse de voir qu'il y a des bêtes encore qui ont des cornes. C'est une race qui est très rustique, c'est-à-dire qu'elle marche bien, elle fait une belle production de viande, une belle production de laine, elle valorise très bien tout et elle s'adapte à toutes les saisons pour aller chercher l'alimentation dont elle a besoin. Et donc c'est un régal à travailler, puis c'est des brebis qui sont, encore une fois, comme je disais, vachement rustiques et donc qui ont une immunité très développée. Elles ont été facilement détrônées par d'autres races qui sont arrivées avec beaucoup plus de production de lait, beaucoup plus de production de viande. Et moi, je ne vise pas la quantité, mais la qualité. Et du coup, voilà, je démarre avec un tout petit cheptel, parce que j'ai envie que mes prochaines mères soient nées à la ferme et du coup, se soient adaptées au climat d'ici, à l'alimentation d'ici, à l'eau d'ici, à la bergère d'ici, etc. Envie de voir aussi naître mes mères et d'apprendre à les connaître, parce que tout le monde a son petit caractère et tout le monde a sa petite stratégie immunitaire. Je travaille en 100% herbes, c'est-à-dire que mes bêtes ne voient pas un grain d'orge, de céréales, de compléments ou quoi que ce soit. Elles ne mangent pas d'ensilage, elles ne mangent rien d'enrubané. Elles sont le plus possible dehors. Et puis elles sont travaillées en pâturage tournant dynamique, qui est une méthode de gestion des sols et des ressources, mais qui va aller aussi dans le sens de la santé du troupeau. C'est-à-dire que je travaille sur des déplacements, des paddocks journaliers qui sont très petits, de façon à ce que les brebis aillent sur toutes les herbes possibles, qu'elles n'aient pas le choix, qu'elles ne fassent pas du sélectif comme on dit. et de les sortir au moment où la plante n'est pas atteinte dans ses réserves pour qu'elle puisse en fait reprendre croissance à partir de ses réserves à elle, sans aller dans l'épuisement du sol. Donc du coup, ça entretient une qualité fourragère importante, un rendement important, ça n'épuise pas les sols. Et puis le fait que ce soit des petits padocs, eh bien du coup, il y a aussi les déjections et les urines qui sont réparties sur l'ensemble du sol. Du coup, ça fait un ensemencement naturel en termes de protéines, de micro-organismes, de minéraux et du coup voilà, l'animal régénère le sol qui régénère l'animal, on s'inscrit dans un cercle vertueux. Et puis le fait de faire des petits padocs, les brebis ne repassent pas là où elles ont mangé pendant un certain temps, donc du coup ça permet de faire ce qu'on appelle des vides sanitaires, donc rompre des cycles sur certains parasites comme l'ostre, comme la douve, voilà là on est sur des parasites spécifiques aux ovins. Et c'est une ferme qui a été bien bien ouverte, on a des haies mais on n'a rien à l'intérieur, donc l'été dernier c'était une grande joie de chercher de l'ombre partout, donc cette année j'ai planté Pour le moment je travaille sur 10 hectares et là cette année j'ai planté sur 1 hectare 40 plusieurs arbres fourragés et mélifères sur motif Key Lime parce que j'ai une parcelle qui est en fond de vallée et qui du coup est très sujette à l'érosion. Et au vent, on a de plus en plus l'impact du vent du Sirocco, le vent du sud. Voilà, il y a un petit rucher de conservation aussi. pour sauvegarder l'abeille locale et lui proposer un habitat qui puisse répondre à ses besoins éthologiques et de pouvoir se faire une santé avant de recoloniser les écosystèmes. Puis après, il y a une petite partie PAM, mais qui est plus dédiée aux femmes sorcières que j'accompagne, mais voilà le gros de l'action de la ferme. Une petite chose, mais pas des moindres, c'est qu'il y a une école paysanne qui est en train de s'installer au sein de la ferme. pour pouvoir créer des formations en immersion dans la ferme et d'accompagner ce qu'on appelle dans le jargon les NIMA, les non-issus du milieu d'agricole, à l'installation agricole. Parce qu'apprendre le métier dans une salle de lycée institutionnelle, ça ne fait pas tout. Donc voilà, il y a des formations qui vont être présentées, proposées en immersion au sein de la ferme.
Lennan Bate: Donc des formations d'élevage, de pomme, des.
Marlène Vissac: Formations techniques sur des gestes techniques PAM et élevage, une formation plutôt longue, à peu près 400 heures sur le montage d'un projet agricole, et puis la formation certifiante aux reconnaissances des compétences hydronormie qui va commencer cette année 2024. 3 formats de formation.
Lennan Bate: Est-ce que tu peux nous parler du travail de génétique que tu dois faire sur le troupeau des rayolles ? Je sais qu'il y a un cahier des charges sur les races protégées, est-ce que tu en fais partie ?
Marlène Vissac: Sur la Raiole, on fait partie en Aveyron, Aveyron-Lotte-Gare-Ardèche, je pense que j'ai oublié personne. On est regroupé dans une association où... On est des éleveurs de trois races à la conservation du massif central et donc on sélectionne entre nous les béliers qui ont déjà les caractéristiques physiques et physiologiques de la race. Alors pour les rayolles, par exemple, on va regarder le chanfrein musqué, le développement des cornes, la répartition de la laine sur la tête, sur les jambes, etc. à partir du moment où le reproducteur répond aux caractéristiques physiques et physiologiques, mais aussi présente un beau développement, il a une belle croissance, il va être proposé à la vente chez les éleveurs Rayol. J'en ai fait les frais cette année, mais il y a les obligations après-sanitaires. Cette année, chez les bovins et les ovins, on a été atteint par un parasite diffusé par le moustique qui s'appelle la FCO, la fièvre catarhal-ovine à la base, mais qui se transmet maintenant aux bovins. Et du coup, il y a eu une vaccination obligatoire chez les reproducteurs avec les inconvénients d'une vaccination. Bref, après, on va d'abord travailler sur comment se développe le bélier, ses caractéristiques physiologiques. Et puis ensuite, quand il arrive à la ferme, comment je travaille. je place les animaux qui arrivent en quarantaine. Alors la quarantaine, elle ressemble plutôt à une quinzaine ou une vingtaine de jours où j'isole en fait l'animal. Alors j'ai toujours un petit mouton et il s'appelle Mario tellement qu'il est génial, qu'il va tenir compagnie parce qu'un mouton tout seul est extrêmement malheureux. Et du coup, ils vont passer un temps ensemble pour une vie de parasitaire. Et puis après, comment moi je travaille avec mes animaux leur robustesse et leur génétique, donc le reproducteur ne montra jamais sur ses filles. Donc voilà, j'ai un gros turnover de bélier. J'ai un troupeau de multi-âge, c'est-à-dire que j'ai des mères qui ont 10 ans et j'ai des mères qui ont moins de 1 an. Et ça, ça me tient à cœur aussi. Et même si j'ai des mères qui sont très maigres, très affaiblies, elles font quand même des magnifiques agneaux. Et du coup, je vais aussi chercher cette rusticité-là. Je ne garde pas systématiquement que les belles brebis parce que ça ferait une sélection hyper... il y aurait une beauté, il y aurait un plein développement, mais pas forcément une grande rigueur. Et donc j'ai quelques bêtes comme ça que je garde, que personne ne m'achèterait et que j'adore, et elles font vraiment des superbes agneaux. Et puis après je vais travailler sur l'immunité, donc comme je le précisais, je considère toujours que le ruminant c'est un polygastrique, donc je fais attention à leur période de chôme, je fais attention à leur alimentation, je supplémente en minéraux, etc. Elles sont en plein air, elles visitent plein de choses, elles sont touchées par plein d'humains pour qu'elles gagnent en sociabilité aussi. Ce qui fait pour moi un gage de réussite génétique, immunitaire et sociale de l'animal. Je ne fais pas que de la mise en réforme et d'ailleurs chez moi, les bêtes meurent à la ferme, personne ne part en réforme. ou tenir compagnie à des personnes âgées qui ne veulent plus tondre, sinon elles meurent de leur bonne mort. Donc je vais travailler sur tous ces aspects, et mon troupeau il ne ressemble à rien, j'ai des boîtantes, j'ai des grosses, j'ai des mecs, j'ai des corps nus, j'ai des moins corps nus, j'ai toutes les couleurs, et j'aime ça en fait, cette diversité là.
Lennan Bate: Donc comment tu sélectionnes tes mères et tes nouvelles génétiques ?
Est-ce que tu as des critères, notamment tu parlais des critères physiologiques ?
Marlène Vissac: Alors les critères physiologiques, si je veux les faire reconnaître en tant que reproductrice et si je voudrais les vendre, là-dessus je ne suis pas tout à fait en accord avec le syndicat des trois races et les procédures d'identification. Il y a des annuels que je trouve vraiment hyper intéressants en termes de physiologie et celles- là, ça m'intéresserait de les faire identifier en rayon. ne serait-ce que pour le syndicat, pour la race, etc. Cette notion de conservation. Après, dans ma manière de travailler, j'ai des brebis qui ressemblent à rien, enfin pas du tout aux rayolles, mais j'adore leur caractère, j'adore comment elles grandissent, avec quoi elles se valorisent, en fait. Et ça, pour moi, c'est un plus grand gage de qualité. En fait, j'ai deux niveaux, j'ai deux échelles, on va dire.
Lennan Bate: Par rapport aux subventions, je sais que certaines races ont des aides. Est-ce que tu demandes ces aides ? Est-ce que c'est une contrainte sur le cahier des charges ? Comment est-ce que tu te situes sur cette question de subvention et du prix à payer dans les choix stratégiques pour toucher ces subventions ?
Marlène Vissac: Pour le moment, je touche pas à la primovine, parce que c'est des histoires de délais, pas de délai, mais de date et de nombre de têtes à telle date. Donc jusqu'en 2025, je ne toucherai pas l'aide au vide, donc ça ne me concerne pas. Et du coup, je ne peux difficilement répondre à ta question parce que je ne suis pas encore au fait de ces subventions-là. Maintenant, comment je dirais ? Je suis bien contente de toucher des subventions et des aides de l'APAC parce que c'est ce qui fait que je vis de mon métier et c'est ce qui fait aussi que je peux produire une viande à coût relativement que j'estime raisonnable mais il est hors de question que ça vienne entacher mon objectif de travail et mes valeurs. Je préfère moins bien vivre financièrement, mais être heureuse de ce que je fais tous les jours et être en conscience et en cohérence, que d'aller chercher de la prima tuva. Parce que j'ai un design économique qui me le permet et que je suis une tête brûlée, que je n'ai pas d'enfant et tout ça. Sur les questions plus techniques sur comment marchent ces subventions, malheureusement, je ne peux pas encore te répondre.
Lennan Bate: Pourquoi est-ce que c'est important de garder cette race ?
Marlène Vissac: Ce qui me touche le plus, c'est le côté matrimoine et patrimoine, c'est- à-dire qu'on domestique du vivant depuis 15 000 ans et il y a eu des évolutions de races qui ont été maintenues et conservées pour différentes raisons, et notamment la rusticité, la vigueur de l'animal. Et je trouve hyper dommage de voir que des animaux qui ont des durées de vie très courtes, qui ont des immunités très basses et qui sont de grosses productrices, mais qui n'apportent rien en fait C'est que de la souffrance, finalement, quoi. C'est trois ans de vie avec des problématiques énormes et qui engendre des effets sanitaires importants parce qu'un animal qui est vacciné, qui est traité, c'est de la pollution derrière, c'est de la façon de polluer, c'est des déjections qui polluent le sol. Encore une fois, c'est du plastique, c'est plein de choses. C'est des labos qui s'enrichissent toujours de ça. Et du coup, on perd en résilience en tant que paysans quand on travaille que sur des races très fragilisées, très productives, mais très fragilisées. Les dépenses véto, elles sont très basses. Et donc, voilà, c'est à la fois ce côté patrimoine de tous ces savoir-faire et toutes Tout ce temps qui a été établi à ça, comment l'humain, avant, il travaillait avec son paysage, avec le climat, qu'on a complètement perdu. C'est comme une espèce de relique de musée. Et puis après, c'est quelque chose qui répond à des contraintes qualitatives et sanitaires. Je fais partie de celles qui ont été les moins touchées en Auvain sur la FCO, j'ai perdu seulement une bête sur mon tropeau. Tout autour de moi c'était l'hécatombe. Je suis contente d'avoir une race rustique, je n'ai pas beaucoup de têtes, je n'ai pas beaucoup de viandes, mais en fait j'ai des bêtes qui se battent contre un virus, et ça c'est tout ce qui compte en fait. Parce que dans 20 ans, 30 ans, les Holstein, les Lacones et je ne sais quelle autre race, qu'est-ce que ça va... Je ne sais pas, en fait, si on va vraiment pouvoir encore se nourrir de ça. C'est des baies de toute manière qui sont de moins en moins adaptées à l'extérieur, donc c'est des paysages qui voient de moins en moins d'animaux à la maîtrise de la fertilisation. Donc ça me tient à cœur. Et puis dans cette problématique de où je vis et qu'est-ce que je peux produire, eh bien la brebis en fait elle répond à ça. C'est-à-dire que je suis sur un territoire à quatre saisons, mais on va dire que l'été est vraiment puissamment marqué. Ça a donné chez nous des foins l'année dernière assez tardif, mais ils ne repoussent seulement en novembre. Donc de juin à novembre, voilà, pas de repousse parce que trop de chaleur. mes brebis, elles ont mangé de la ronce, elles ont mangé du frêne, elles ont mangé de la laitue sauvage, elles ont mangé de la feuille de rumex, elles ont quand même été dehors, elles sortaient la nuit et pas le jour, etc. Et elles ont fait de magnifiques agneaux, elles ont très bien grossi. Et donc ce qui me plaît aussi, c'est qu'avec très peu d'énergie dépensée, voilà ce qu'on peut produire aussi en termes alimentaires et en termes de régénération des sols. Donc je préfère travailler avec des vieilles carnes, comme diraient certains, qui donnent du fil à retordre à mon chien, à moi aussi, etc. Mais qui vont soutenir un paysage, soutenir une économie, soutenir un territoire dans les besoins alimentaires. Voilà, ça c'est mon engagement en tant que paysanne.
Lennan Bate:C'est sûr que dans le contexte du changement climatique et des difficultés climatiques qu'on rencontre, l'importance de la diversité, elle est justement pour plus de résilience, pour plus d'adaptation. C'est vraiment ça, là-dessus, il n'y a pas de doute. J'aimerais juste rappeler une chose, parce qu'à un moment donné, tu parlais d'antibiotiques dans les élevages, et je crois que c'est important de rappeler que 70%
des antibiotiques qui sont utilisés sont utilisés pour la viande, pour les filières viande, sont utilisés pour faire grossir plus vite les animaux. C'est une pollution extrêmement importante à tous les degrés. On ingère beaucoup d'antibiotiques quand on mange la viande de cette filière, sans compter tous les frais humains, symboliques et de souffrance derrière. Est-ce que tu veux partager des choses que tu fais, ou est-ce qu'on peut retrouver ton travail, tes formations, etc. Je pourrais mettre tout dans les liens, mais en tous les cas, si tu veux déjà parler de trucs qui viennent.
Marlène Vissac: La grande nouvelle de l'année 2024, c'est l'apparution de mon livre qui va parler des techniques d'hydronomie, tout ce qui s'apparente à la gestion de l'eau verte et de l'eau bleue, et comment est-ce qu'on peut cultiver de l'eau verte pour restaurer l'eau bleue. Ça va être édité par Imagine un Colibri. La fin de la première ligne droite, il y aura d'autres lignes droites, mais en tout cas la sortie, ce sera pour 2024. Donc si vous voulez être tenu au courant, vous pouvez aller sur le site hydronomie.fr et vous abonner à la newsletter. Et du coup, vous aurez toutes les infos les plus fraîches possible. Les formations d'hydronomie, elles commencent là en 2024, en février. où on va aller dans l'Aude. C'est une ferme que j'accompagne depuis trois ans. On a déjà réalisé un motif qu'il a, on a déjà réalisé des baissières et on va continuer l'aménagement de cette parcelle-là, qui représente un gros bassin versant pour le coup, donc c'est un très beau terrain de jeu avec la construction d'une réserve collinaire. Donc voilà, n'hésitez pas à vous inscrire, il reste quelques places. C'est des formations qui sont finançables par Viva, par d'autres opcos. Quoi d'autre ? Si vous voulez suivre les aventures de la ferme, il y a les réseaux sociaux, il y a le site de la ferme faceliaecompagnie.com. J'ai été un peu absente du blog de la ferme, j'ai beaucoup travaillé sur hydronomie cet hiver. Vous pouvez être plus présente sur les réseaux sociaux, il y a un Instagram, il y a un Facebook de la ferme. Il y a la possibilité de venir aux rencontres hydronomiques qui auront lieu le 5 mai dans le sud d'Aveyron. Cette année j'ai envie de provoquer la rencontre entre agriculteuristes et pépiniéristes. D'un côté il y a les producteurs d'arbres et d'autre ceux qui cherchent des arbres pour les planter. Il y a plein d'enjeux à révéler et que chaque filière se rencontre pour pouvoir répondre aux besoins des agris et aux pépiniéristes et faire en sorte qu'il y ait de plus en plus d'arbres dans nos outils de production et dans nos paysages. Ça c'est le 5 mai et il y a aussi toutes les infos sur le site hydronomie.fr. Et puis voilà les petites formations qui vont avoir lieu à l'école paysanne. On commence cette année par les PPAM avec de la distillation, mais là c'est des ateliers en non mixité femmes dans un premier temps. Et là les dates sont en train de s'organiser. Comme je suis seule à bord de tout ça, j'ai parfois un peu de retard sur mes échéances. Je suis mon propre patron, c'est mes échéances à moi, mais des fois j'ai un peu de retard.
Lennan Bate: Génial, quel programme ! Super, je mettrai tous les liens et puis on pourra retrouver tout ça et te suivre sur l'année. Parfait, merci beaucoup Marlène !
Marlène Vissac: Avec plaisir, salut !









