
Aujourd’hui, plus de la moitié des installations agricoles se font en collectif... Pourtant peu de solutions légales existent pour construire ces modèles agricoles collectifs qui permettent aux agriculteur.rices de mutualiser le temps de travail, les compétences, les gardes, les moyens de ventes, etc. Autant de questions qui sont au coeur de la résilience d’un projet agricole, car la charge de travail et la nécessité de cumuler toutes les compétences rendent le métier de paysan individuel très dur.
Céline RIOLO co-directrices pour Les Fermes Partagées, explore les possibles pour penser des modèles agricoles coopératifs, entre cadre légal, dynamique sociale et volonté politique.
https://lesfermespartagees.coop/
Episode 4 - Vers des fermes coopératives avec Céline
Riolo
Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast consacré à l'agriculture des
régénérations, qui donne la parole à celles et ceux qui innovent et incarnent des
pratiques agricoles pour plus de résilience et d'autonomie. Je suis votre hôte, David
Bates. Alors aujourd'hui, on va parler d'accession à la terre, de passation de propriétés,
des solutions que l'entreprise coopérative Ferme Partager propose. Mais tout d'abord,
est-ce que tu peux commencer par te présenter et nous parler de ton parcours en
quelques mots ?
Céline Riolo: Bien sûr. Donc Céline Riolo, je travaille pour les Femmes Partagées, que
j'ai rejoint en 2022. Et du coup, avant ça, moi, j'ai travaillé pendant plus d'une dizaine
d'années dans une autre coopérative qui s'appelle une coopérative d'activité et
d'emploi à Graines-de-Sol, dans le sud-ouest de Lyon. et c'était loin du secteur agricole.
Mais pour autant, c'est à travers cette expérience que j'ai découvert vraiment la
coopération, puisque je venais d'une toute autre industrie et d'un tout autre métier. Et
après quelques années d'expérience, j'ai fait une bifurcation, c'est comme ça qu'on
l'appelle maintenant. Et j'ai vraiment trouvé du sens dans mon projet professionnel et
ce à quoi je contribuais à travers ces formes coopératives. Et j'ai voulu aller plus loin en
trouvant un nouvel engagement professionnel qui alliait à un engagement militant que
j'avais depuis quelques années au sein du réseau des AMAP et celui que j'avais dans
mon activité professionnelle. Et c'est comme ça que j'ai rejoint en 2022 les Fermes
Partagées.
Lennan Bate: Donc, Ferme Partagée, c'est une entreprise coopérative, une SCOP ?Céline Riolo: Une SQIC.
Lennan Bate: Ah, une SQIC ?
Céline Riolo: Oui, Société Coopérative d'Intérêt Collectif.
Lennan Bate: Génial. Peut-être que tu peux commencer par nous expliquer un petit peu
ces différents termes et ce que ça représente.
Céline Riolo: Les sociétés coopératives, les SIC et les SCOP, donc cette dernière, les
SIC, c'est une société coopérative d'intérêt collectif et les SCOP, ce sont des sociétés
coopératives, originellement, on disait plutôt ouvrières et de production, mais avec
l'évolution des formes de coopératives et des champs surtout dans lesquels elles
s'inscrivent, on dit plutôt maintenant les sociétés coopératives et participatives. Ces
sociétés-là, ce sont des sociétés de droit qu'on appelle commerciales, mais qui
fonctionnent avec des principes coopératifs qui sont basés sur la démocratie en
entreprise, sous un principe de une personne est égale à une voix, peu importe le
nombre de parts sociales et de capital qu'on a. Donc ça, c'est vraiment un des
principes fondateurs. C'est aussi l'appropriation de l'outil de travail par les salariés qui
travaillent à l'intérieur. En coopérative, on est non seulement salarié, c'est-à-dire sous le
couvert d'un contrat de travail et d'une protection sociale d'un salarié, mais également
propriétaire de cet outil de production en ayant cette casquette d'associé. c'est-à-dire
qu'on est à la fois travailleur et propriétaire de l'outil de production, donc on peut
participer et co-construire toutes les directions et les orientations stratégiques de son
entreprise. Donc ça, c'est la deuxième spécificité des coopératives. Et la troisième
spécificité des coopératives, c'est la répartition de la richesse qui se matérialise de
différentes manières. D'une part, Une coopérative est non cessible, c'est-à-dire qu'ellene peut pas être rachetée et il y a un désintérêt financier aux associés lié à ce potentiel
rachat et à l'investissement qu'ils font dans une coopérative. Je m'explique. Quand tu
investis dans une entreprise coopérative, tu acquiers ce qu'on appelle des parts
sociales, c'est l'équivalent un peu d'actions. Si tu souhaites repartir de la coopérative,
on va te racheter tes parts sociales au prix où tu les as acquis. Du coup, on sort d'un
système de revalorisation et de spéculation. Et de la même manière, si un jour la
coopérative est amenée à disparaître, à être achetée ou quoi que ce soit, ce qu'on va
appeler le boni de liquidation, donc ce qui reste, l'argent qui a été créé une fois que
toutes les dettes ont été payées, et bien ça, ça vient alimenter le fonds coopératif ou
des associations ou une coopérative qui aurait été qui fait à peu près la même activité,
mais en aucun cas n'est redistribué aux associés. Du coup, on voit bien que les
associés, quand ils investissent, on sort d'une recherche de lucrativité liée à la
valorisation des parts sociales de l'entreprise. Et ça aussi, c'est très important,
puisqu'on voit bien que ces formes coopératives sortent du champ spéculatif et de la
création de valeurs par le capital. Donc ça, c'est vraiment les spécificités des
coopératives. Et les SIGS, c'est une forme de coopérative un peu particulière,
puisqu'elle va réunir non seulement les travailleurs de la société, s'il y en a, mais
également toutes les parties prenantes de l'écosystème, c'est-à-dire ceux qui vont
bénéficier du service de la coopérative et aussi d'autres parties prenantes, que peuvent
être des collectivités locales, des soutiens, des amis, fournisseurs, enfin vraiment, il y a
cette diversité-là. Et l'idée, c'est de réunir au sein de ces formes-là, de ces coopératives-
là, l'ensemble des différents intérêts pour contribuer, comme son nom l'indique, à
l'intérêt collectif. Une des dernières spécificités des SIC, c'est également la lucrativité
limitée. L'intérêt de ces formes coopératives-là, ce n'est pas une recherche de
bénéfices. Donc l'objectif, on est bien sur des sociétés commerciales, donc il y a un
objet de production de chiffres d'affaires, c'est une forme commerciale. Pour autant, sa
finalité ne va pas être d'essayer de maximiser son résultat, mais bien d'être à l'équilibreet d'avoir une lucrativité limitée. Cette lucrativité limitée se matérialise notamment que
si l'entreprise fait du résultat, fait du bénéfice, à la fin la plupart des sociétés
coopératives d'intérêt collectif réinjectent l'intégralité de ce bénéfice dans des réserves
qui sont ce qu'on appelle impartageables. Ça aussi, c'est une autre spécificité des
coopératives, c'est qu'au fur et à mesure, une partie du résultat, une partie du bénéfice
des coopératives reste dans l'entreprise, donc ça crée des outils de production qui sont
extrêmement stables par rapport aux différents aléas et problématiques auxquels elles
pourraient être confrontées, et que quoi qu'il arrive, ces réserves-là, elles ne seront
jamais redistribuées aux associés.
Lennan Bate: Les scopes, c'est quelque chose qu'on peut voir dans pas mal de
domaines. Mais ce qui me semble, c'est que par exemple dans les domaines
immobiliers, c'est encore assez jeune. Et ensuite également peut-être dans les
modèles agricoles. Est-ce que tu as un avis là-dessus ? Et peut-être quels sont les
enjeux et les dangers ? Je sais que par exemple en immobilier, Il y a cette peur un peu
qu'on crée un modèle hors spéculation immobilière et donc à quoi ça ressemble ? C'est
beau, c'est une utopie, on a envie de l'imaginer, mais qui va commencer à se lancer
dans ce grand bain hors cadre spéculatif immobilier par exemple ?
Céline Riolo: Alors effectivement, les formes coopératives, ça existe depuis longtemps
dans plein de secteurs d'activité. Dans l'immobilier pour porter le foncier et les
investissements immobiliers, effectivement, c'est assez récent. Mais par contre, dans le
BTP, dans toutes les entreprises autour, ça existe depuis très longtemps. Et de la
même manière, dans le secteur agricole, c'est des formes qui étaient jusqu'à présent,
et qui le sont toujours, extrêmement marginales et très peu utilisées. En fait, on
propose des autres modèles. C'est ça où c'est complètement déstabilisant par rapport
au fonctionnement de la société. C'est qu'on propose à travers ces modèles-là de sortird'un schéma de capitalisation. Et c'est ce sur quoi est basé l'immobilier. On achète
dans la perspective de pouvoir, avec l'augmentation du prix de l'immobilier, faire une
plus-value pour acheter ensuite une plus grosse maison, etc. Et bien là, on rompt avec
ce système-là et du coup, on rompt avec cette création de valeur qui est vraiment très
artificielle, puisqu'on ne fait que racheter constamment du capital, du capital, du capital,
mais en fin de compte, c'est toujours le même bien ou presque. Et du coup, ça coupe
ce... Ce modèle-là, qui est complètement basé et qui est partout autour de nous, sur le
fait que quand on investit de l'argent, on attend une rentabilité de l'argent, que cet
argent nous rapporte lui-même de l'argent. Proposer des formes coopératives dans
l'immobilier ou dans l'agriculture, c'est rompre avec ces modèles-là de capitalisation. Et
c'est vraiment un changement de paradigme parce qu'on propose de regarder les
choses sous un autre angle pour justement répondre à des enjeux que le poids de
l'immobilier a pris une part considérable dans les portefeuilles des ménages, de nous,
des consommateurs et des consommatrices que nous sommes, à tel point qu'on est
obligé de diminuer les autres arbitrages. Et de la même manière, dans l'agriculture,
toute la capitalisation qui s'est mise en œuvre, soutenue aussi par des politiques
agricoles qui ont favorisé les investissements, qui ont favorisé l'augmentation des tailles
des fermes, etc. On se retrouve avec des fermes qui ont des actifs qui sont ultra
capitalisés tellement que Quand des nouvelles personnes veulent reprendre ces
fermes-là ou quand il y a un associé qui parle d'un gars et qu'il faut sortir un ticket de
400 voire de plus de 1 million, de 450 000 pardon, voire de plus de 1 million, on n'a pas
les moyens parce qu'en parallèle, le niveau de rémunération, ce qui est lié aux produits
du travail, lui n'a pas augmenté dans la même proportion. Donc on voit bien que si on
veut amener de la cohérence et une soutenabilité dans les modèles qu'on veut
défendre, il faut proposer des nouveaux modèles. Et c'est ça qu'on essaye de faire.
Lennan Bate: Oui, tout à fait. Là, il y a vraiment cet enjeu d'accessibilité, de passationdes fermes qui est au cœur d'une solution de Scope. Est-ce que tu pourrais présenter
justement à quoi ça ressemblerait ? Aujourd'hui, il y a beaucoup de personnes qui
partent à la retraite, qui voudraient pouvoir passer leurs fermes soit à leurs enfants, soit
à des repreneurs. Mais voilà, c'est des millions, c'est un million, disons, pour de
grosses fermes laitières. Comment ça pourrait fonctionner ?
Céline Riolo: Alors, du coup, il faut savoir déjà que pour être une coopérative, il faut être
plusieurs. Donc c'est un projet collectif. Donc c'est une première chose. Et de par ce
collectif là, on voit bien que ça permet d'augmenter les capacités d'investissement et de
reprise de ces fermes. Donc ça, c'est un premier point. Un premier enjeu face à la
transmission et à la nécessité d'avoir beaucoup plus de personnes qui reprennent les
fermes et du coup au fait qu'il y a autant de fermes en transmission, le fait de s'appuyer
sur le collectif est une solution pour reprendre ces fermes de taille moyenne à grande.
Donc ça c'est une première chose. Deuxième chose, les aspirations des personnes qui
veulent reprendre les fermes ne sont plus forcément aussi les mêmes que les
agriculteurs et agricultrices qui étaient en place jusqu'à présent. Il y a à la fois une
recherche d'un équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle, et de dire
comment le collectif est une solution pour permettre une soutenabilité dans la vivabilité
d'une activité agricole. Donc ça, c'est une deuxième chose. Et la forme coopérative,
L'enjeu à la reprise reste le même, c'est-à-dire que le montant pour reprendre une
ferme, quand vous montez une coopérative, il va falloir aller construire un plan de
financement sur les montants que tu as cités tout à l'heure. Cependant, ce qui est
intéressant, c'est que En reprenant une ferme sous forme coopérative, par la suite, on
pense déjà à la transmission et au renouvellement des générations d'associés.
Pourquoi ? Parce que certes, il y aura ce plan de financement initial qui est porté par
l'outil collectif et non plus des individus associés ensemble, mais vraiment par l'outil
collectif. Et du coup, c'est l'outil collectif qui restera et qui perdurera. Et du coup, aurenouvellement des associés, les associés vont repartir avec leur capital social, qui
dans une ferme sous forme coopérative est beaucoup moindre que dans un GAEC par
exemple. Ils vont repartir avec leur capital social et un nouvel associé pourra bénéficier,
en tout cas accéder à cet outil de production qui restera sur place, en investissant
uniquement le capital social qui est nécessaire au démarrage. Sur des fermes par
exemple qui existent sous forme coopérative depuis plusieurs années, on voit que le
ticket d'entrée, du coup l'acquisition de part sociale nécessaire au démarrage et à
l'entrée dans la coopérative en tant qu'associé, il est entre 10 000 et 25 000 euros. Il y
a combien de fermes où le ticket d'entrée pour accéder à un outil de production qui est
fonctionnel, etc. Et à ce niveau-là, je crois vraiment pas beaucoup Donc, on voit bien
qu'au-delà du moment de reprise qui nécessite d'avoir quand même une capacité de
financement importante pour la coopérative, c'est vraiment par la suite dans la vie et
dans le renouvellement des générations d'associés que c'est extrêmement facilité
puisqu'on ne recapitalise pas. Et l'intention c'est de ne pas partir avec un patrimoine, de
ne pas constituer un patrimoine tout au long de sa vie professionnelle de paysan-
paysanne, mais bien de vivre au fur et à mesure de son outil de travail, en ayant un
statut de salarié, en ayant un revenu en tant que salarié, et que par la suite quand vous
allez sortir et repartir de la coopérative, vous aurez cotisé et acquis des droits sociaux.
qui vous permettra de rebondir sur le pôle emploi, par exemple, si vous étiez au pôle
emploi, ou partir à la retraite avec une retraite qui est calculée sur les droits d'un
salarié, donc qui est beaucoup plus intéressante que si vous êtes au micro-BA, par
exemple.
Lennan Bate: Ok, c'est intéressant. On pourra creuser un petit peu là-dessus. Sur le
plan de quelqu'un qui revendrait ses parts, est-ce qu'il y a toujours le risque de
l'inflation ? Comment est-ce que ça s'est calculé ?Céline Riolo: Ça peut l'être, quand tout à l'heure je disais qu'il n'y avait pas de
revalorisation de part sociale. Si, ça peut l'être, mais par contre il ne va pas y avoir une
revalorisation comme on va la voir dans les GAEC ou au fur et à mesure. de l'avis du
GAIC, votre compte courant d'associés peut augmenter, etc. Ça, ça n'existe pas. On ne
peut pas avoir de compte courant négatif en coopérative. Et du coup, quand vous
repartez, vous repartez avec vos parts sociales peut-être augmentées d'un
pourcentage indexé sur l'inflation, si vous avez décidé d'inclure ça dans vos statuts.
Mais c'est tout. Mais en tout cas, c'est la grande différence avec des formes GAIC. Pour
être précise, il est possible aussi en GAEC de limiter ses concourants d'associés et de
s'assurer à ce qu'ils ne prennent pas des proportions trop importantes, ou de caper
aussi la revalorisation des parts sociales et de l'actif. Mais ce n'est pas inscrit de fait
dans ces formes-là.
Lennan Bate: J'ai peut-être un petit doute là-dessus, mais dans le GAEC, il faut que
chacun des associés amène les mêmes proportions d'investissement ? Est-ce que
c'est le même cas de figure dans une scope ?
Céline Riolo: Dans une coopérative, en fait, le montant du départ social peut être
différent. Par contre, il y a un minimum selon la catégorie d'associés que vous êtes. Ça,
c'est une première chose. Par contre, ça peut induire d'autres choses. On n'oublie pas
qu'on est dans un collectif de travailleuses-travailleurs et le fait d'avoir une personne qui
aurait beaucoup plus de capital et beaucoup plus investi que d'autres peut créer des
relations de pouvoir au sein de ce collectif. Et du coup, nous, on va être en vigilance
quand on va accompagner les collectifs, que ces situations-là ne créent pas des biais
et des rapports de pouvoir et de domination au sein des collectifs. C'est possible, mais
est-ce que c'est souhaitable ? Ça, c'est une autre question.Lennan Bate: Même au-delà de rapports de domination, etc., ça peut être angoissant
pour certains d'avoir plus de billes dans l'ensemble et de se sentir plus responsable,
avoir plus de risques de perdre, etc., que les autres. Donc, en fait, c'est super cette idée
d'égalité, une voix, une personne. Enfin, une personne, une voix. Et c'est un principe
qui est génial, mais il y a aussi, c'est sûr, l'argent. Et ça, il ne faut pas non plus
complètement le nier.
Céline Riolo: Exactement. Il y a en plus d'autres formes de pouvoir qui peuvent exister
au-delà de cette intention démocratique dans les formes coopératives, il ne faut pas les
nier, il faut justement les nommer, en avoir conscience et savoir comment on arrive à
limiter ça si l'intention c'est vraiment d'être dans une entreprise avec un fonctionnement
démocratique et partagé.
Lennan Bate: Donc une ferme partagée, une ferme collective, ça fait rêver. Mais quels
sont les enjeux de ce genre de propriété et de gouvernance ?
Céline Riolo: Ils sont multiples. L'une des premières choses, c'est que, comme je le
disais tout à l'heure, ces formes coopératives sont encore extrêmement innovantes et
rares dans le secteur agricole, parce qu'on est vraiment sur une liste d'innovation
sociale. L'innovation sociale, c'est l'innovation organisationnelle, c'est comment quelque
chose qui existe dans d'autres secteurs d'activité, donc les SCOP et les SIC, est
appliqué à un secteur dans lequel il n'est pas, et du coup se retrouve confronté face à
des freins et des problématiques. Et c'est exactement le cas aujourd'hui, les SCOP et
les SIC ne peuvent pas accéder comme les autres formes agricoles, aux mêmes aides,
soutiens, etc., qu'il peut y avoir. Donc ça c'est une première chose. Et puis comme tout
collectif, alors là c'est pas forcément spécifique aux coopératives, comme tout collectif,
le collectif est un atelier à part entière au sein de la ferme. Donc il faut en prendre soin,il faut l'entretenir comme on va entretenir ces machines. On voit très bien le fait que ces
tracteurs, il faut l'amener à la révision. L'atelier collectif, vie collective, doit être
entretenu, doit faire l'objet de temps dédié et s'engager dans une ferme collective. C'est
aussi être prêt à consacrer du temps, de l'énergie et des moyens à cet atelier à part
entière. Sinon, on risque de se retrouver dans des situations où il y a des mauvaises
communications, où tous les individus du collectif ne vont pas dans la même direction,
et ça va créer des conflits, des tensions, un éclatement du collectif comme on peut en
voir malheureusement par ailleurs. Ces difficultés auxquelles sont confrontées les
collectifs agricoles ne sont pas spécifique au statut, on peut le retrouver quel que soit le
statut. Par contre, ce dont on se rend compte dans ceux qui utilisent la terminologie
ferme collective et qui se définissent comme une ferme collective, c'est que
généralement, ils ont conscience de cette nécessité-là de prendre du temps et de
construire cet atelier collectif et sont prêts à y consacrer des moyens et du temps,
comme sur les autres ateliers.
Lennan Bate: Qu'est-ce que les fermes partagées proposent pour accompagner des
porteurs de projets collectifs, des fermes en devenir de collectif ?
Céline Riolo: Il faudrait peut-être juste donner un petit brin d'histoire sur les fermes
partagées, de où on vient en fait. Nous on vient d'une idée qui a été portée au
démarrage par le GRAP et une coopérative qui est le Groupement Régional pour une
Alimentation de Proximité. C'est un groupe coopératif qui travaille plutôt sur la filière
aval, donc tout ce qui est épicerie transformateur de produits agroalimentaires, avec
une charte et un engagement pour une alimentation saine, locale et biologique. sur la
région Aura. Et ça fait, ils ont dix ans maintenant, le GRAP, on a fêté leur anniversaire
l'année dernière. Et ils ont toujours eu cette préoccupation de dire, c'est bien de pouvoir
distribuer, de transformer et de proposer une alimentation saine, mais comment c'estproduit et comment on peut, nous, à l'aval de cette chaîne, contribuer à l'émergence et
à la bonne vie de fermes locales qui produisent en bio. Et du coup, répondre aussi à un
enjeu de comment sécuriser les approvisionnements de nos épiceries, nos restaurants,
etc. À partir de cette réflexion-là, ils ont engagé une étude de faisabilité en 2019 en
disant, est-ce qu'il est possible que le modèle que nous, on a développé dans la filière
Aval, soit pertinent, intéressant pour le secteur agricole ? Pour s'assurer d'une part de
la faisabilité et d'autre part, est-ce que ça répondait à un besoin et une attente du
secteur face aux enjeux auxquels il était confronté ? Et en faisant et en réalisant cette
étude, ils ont pris contact avec un certain nombre de fermes, de fermes collectives, et
notamment trois fermes qui seront les fermes fondatrices des fermes partagées, que
sont la ferme des Volonteux, la ferme de Chalonne, et une ferme qui était en cours de
construction, qui était la ferme de la Clé des Sables. Et ces trois fermes-là, elles ont
pour point commun d'avoir choisi des fermes coopératives pour leurs fermes. Un peu
envers et contre tout, c'est un peu les fermes pionnières qui se sont dit, mais en fait,
ces formes-là répondent à des enjeux de transmissibilité de la ferme, protection sociale
des paysans, des paysannes, et de rester à la fois maître de son outil de production, de
créer de l'entraide, de la résilience au sein de ces fermes, et aussi a****** avec
l'hypocrisie d'une ferme, une exploitation, c'est du 100% agricole. On voit bien qu'il y a
des montages hyper complexes qui se mettent en œuvre autour de la ferme, pour avoir
une SAS, une SARL qui va faire de la transfo, qui va faire de la prestation de services,
qui va faire de la commercialisation, tout ce que vous voulez. Et du coup, ça a pour
effet de disperser la valeur ajoutée, de dire au lieu que ce soit la ferme, la ferme et la
production agricole, c'est toujours le bas du chariot qui récupère les miettes, mais toute
la création de la valeur ajoutée, c'est tout le autour et toutes les autres structures. Et là,
c'est comment on ramène la valeur ajoutée au sein de la ferme qui, grâce à elle,
permet toute la création de valeur de toute la chaîne qui est autour. Et du coup,
comment on remet ça dans la ferme. Et les status scopes, c'est ce qu'ils permettent. Ilspermettent d'avoir une seule et même structure qui permet de recréer, de remettre au
centre toute cette valeur ajoutée. Mais ces trois fermes-là, elles se sont montées
vraiment toutes seules, bien évidemment accompagnées par les ADR, les chambres,
les AFOG, mais il n'y avait personne, aucun interlocuteur pour les conseiller, les outiller
sur les spécificités des formes coopératives en agriculture, puisque ça n'existait pas. et
échalonne à maintenant 15 ans les volonteux presque autant et on voit bien que c'est
des modèles qui fonctionnent, qui sont résilients, qui ont vu se succéder des
générations d'associés et qui sont encore présents, qui continuent à développer des
modèles agricoles justes et qui tapent pour tous. où les paysans, les paysannes qui
travaillent à l'intérieur sont fiers du projet qu'ils mettent en œuvre. Et du coup, c'est à
partir de là qu'ils ont dit qu'on a besoin de se mutualiser et mettre en commun nos
moyens pour rendre possible l'émergence de ce modèle-là, encore plus. Pour nous
accompagner, nous, parce qu'on a besoin de continuer à être accompagnés dans la vie
de notre structure, mais également pour accompagner tous les collectifs qui sont
intéressés par ces formes-là, qui nous sursollicitent parce qu'ils ont entendu parler de
nous, et du coup auxquels nous, on n'a pas forcément tous les outils pour les
accompagner et les former. On n'a pas forcément le temps et la disponibilité, mais on
est prêts à aussi partager ce qu'on a mis en œuvre dans nos fermes. Et c'est comme
ça qu'est née les fermes partagées. Et du coup, de là, c'est ce qu'on fait nous au
quotidien. Le gros socle de ce qu'on propose, c'est de l'accompagnement, de
l'accompagnement à l'émergence de fermes collectives et coopératives, et également
de l'accompagnement à la pérennisation et au développement de ces fermes-là. C'est-
à-dire qu'on ne va pas s'attarder de les accompagner une fois qu'elles sont créées,
mais on leur propose d'être membres de notre coopérative et nous, on va les
accompagner, ce qu'on va appeler au long cours. Cet accompagnement, il peut porter
sur les aspects économiques, de gouvernance, d'organisation juridique de la ferme, où
on va prendre vraiment ce projet collectif comme un tout. Donc, s'il y a del'entremêlement avec, je ne sais pas moi, de l'habitation, avec d'autres formes de
structures juridiques, etc., on fait vraiment ce qu'on va appeler un accompagnement
holistique sur l'ensemble de la ferme. Donc ça c'est une première chose. Une deuxième
chose qu'on fait c'est essayer de faire réseau entre toutes ces fermes-là et du coup on
va animer des temps de rencontres entre les fermes collectives pour qu'elles puissent
échanger sur leurs pratiques, sur leurs difficultés qu'elles rencontrent, vraiment sur les
spécificités de ces fermes collectives. Donc ce n'est pas tant sur leur production, etc.,
mais ça va être plus sur le capital humain, sur la répartition de la valeur, la répartition
du travail, sur leur organisation juridique, économique, enfin tous ces éléments-là. La
troisième chose qu'on fait, c'est de porter un plaidoyer pour essayer de faire entendre
la voix de ces fermes collectives et faire entendre aussi leurs souhaits et leurs besoins
d'avoir cette forme-là de coopérative agricole qui soit pleinement reconnue et qui leur
permette d'accéder au même droit que les autres formes agricoles.
Lennan Bate: C'est un enjeu vraiment important et c'est difficile de trouver des
informations là-dessus. C'est quelque chose qui est encore, comme tu le disais, assez
nouveau. Et effectivement, quand on se renseigne, quand on cherche des gens pour
nous aiguiller, on ne trouve pas facilement. Donc c'est super de faire tout ce travail-là.
J'avais une petite question sur la partie comptabilité. Dans les formes, notamment de
Scope, on est au réel dans la comptabilité agricole. Et ça, je sais que ça peut être
quelque chose qui peut freiner beaucoup de gens. beaucoup de gens veulent se mettre
en GAEC, éviter des formes de société un peu moins traditionnelles, justement pour
continuer à bénéficier du micro-bénéfice agricole, qui était aussi appelé le forfait. Qu'est-
ce que tu peux dire là-dessus, sur ce forfait et sur les implications d'être au réel ?
Céline Riolo: Il est certain que le micro-OBA est une niche fiscale qui a ses avantages,
c'est-à-dire d'améliorer le résultat, la ligne du bas au sein des fermes, et qui a desinconvénients, c'est de diminuer certes les cotisations sociales qui vont avec et du coup
de fait la protection sociale qui est proposée à son issue. C'est sûr que nous, ce qu'on
vient défendre sur les formes coopératives, c'est de la protection sociale, c'est
comment on recrée la protection sociale. Après, il faut avoir un modèle économique,
une viabilité sur la ferme qui le permette. Pour les fermes qui sont au micro-BA et qui
cherchent de l'optimisation et qui font que de la production agricole, l'ISCOP ce n'est
pas une réponse, ce n'est pas quelque chose qui va répondre à leurs besoins et à leurs
attentes. Par contre, s'ils ont envie de développer la ferme autrement, d'intégrer tous
ces services complémentaires qu'ils font par ailleurs, où ils sont limite avec la
réglementation, la législation, et qui veulent aussi vraiment de la protection sociale,
avoir un statut de salarié, profiter d'une potentialité de développer pleinement leur
ferme collective, alors la forme coopérative va répondre à leurs aspirations. Et puis
c'est un projet politique, il ne faut pas se mentir, c'est proposer un autre rapport à la
ferme, un autre rapport à cet outil de production agricole où, comme on le disait tout à
l'heure, on sort d'un schéma de patrimonialisation. On n'est pas là pour créer un capital
et un patrimoine qu'on transmettra à nos enfants, mais plutôt on est un agriculteur, on
est un paysan, on travaille dans cette ferme collective à un temps donné, mais la ferme
est plus importante que moi et la pérennisation de la ferme et de l'outil de production va
au-delà de moi. Et du coup, si on est mu par cette conviction-là, c'est des formes qui
font sens et qui vont répondre aux aspirations et aux attentes d'une nouvelle génération
de paysans et de paysannes qui souhaitent s'installer.
Lennan Bate: Ce n'est pas quelque chose que je maîtrise à 100%, mais il me semble
bien que dans le micro BA, il y a des seuils où on cotise pour la retraite, avec des
systèmes de points, et le seuil dans lequel la grande majorité se trouve, c'est vraiment
le moins intéressant en termes de points. C'est quelque chose qu'ils ont encore du mal
à... Ça a été revalorisé, mais c'est quelque chose qu'ils ont encore du mal à... a changé.Effectivement, on est peut-être gagnant d'un côté.
Céline Riolo: Mais perdant à long terme. Mais c'est aussi pour ça que ces modèles-là
s'appuient beaucoup sur la patrimonialisation et le fait de constituer un capital. Il est
nécessaire, ce capital, quand on part à la retraite et qu'on a peu ou pas cotisé pendant
toute la vie de son exploitation. Donc, ça s'entend et ça se comprend. Et des modèles
qui ont été construits pendant 40 ans là-dessus, ils ne vont pas passer en coopérative
à la fin de leur carrière. Très clairement où il va y avoir en tout cas un rachat du
patrimoine pour permettre d'avoir ce matelas-là nécessaire pour pouvoir avoir une
retraite à peu près décente. Donc c'est une réalité et on ne conteste pas. Nous ce qu'on
propose c'est simplement de répondre aux aspirations. Certains veulent développer
d'autres types de modèles et on demande simplement à ne pas être empêchés à
développer ce type de modèle-là. puisqu'il a montré sa pertinence et son intérêt dans
d'autres secteurs d'activité en dehors de l'agricole. Et vu ce à quoi est confronté à
aujourd'hui les agriculteurs, enfin, les deux dernières semaines en sont bien
l'illustration, il y a des vrais enjeux de rémunération. La solution qu'on propose n'est pas
une solution à tous ces problèmes-là, puisqu'il y a un problème structurel dans notre
société de la valorisation de l'alimentation durable, saine, locale, etc. Donc il y a un vrai
enjeu payer l'alimentation au juste prix et à sa juste valeur, mais pour autant, à l'endroit
où ces personnes, les personnes qui souhaitent s'installer, ont le pouvoir d'agir sur ces
formes-là, en choisissant de s'installer en collectif, sous forme collective, et en
choisissant tout particulièrement une forme coopérative, ils font vraiment le choix de
dire, nous on porte ce projet-là parce qu'on pense qu'il est possible de faire autrement
dans le secteur agricole, et on va essayer d'améliorer nos conditions de travail, nos
conditions de rémunération, et de ramener toute la valeur en son sein, là où elle devrait
être, c'est-à-dire au sein de la ferme.Lennan Bate: On pourrait penser que les investissements de capitalisation, par nature
plutôt à long terme, du type un nouveau bâtiment, des arbres pour du bois d'oeuvre,
etc., ne sont pas dans l'intérêt d'un projet collectif, où la capitalisation n'est justement
pas valorisée de la même manière. Mais dans la réalité, qu'est-ce que tu peux nous
dire sur ce type d'investissement dans un cadre de ferme coopérative ?
Céline Riolo: En soi, la ferme coopérative, l'outil de production, il est collectif et il
restera au collectif. Toutes les décisions qui sont prises, sont prises au-delà de mon
propre intérêt personnel et individuel au sein de la ferme. pour le projet collectif qui est
mis en œuvre. Donc si c'est au service du projet collectif parce que planter un verger
qui donnera dans 5 ans, 10 ou même pour des noyés dans 20 ans, si c'est dans le
sens de la construction du projet collectif, cet investissement va se faire même si la
rentabilité et la viabilité n'est pas immédiate. Si je reprends l'une des fermes même
deux, on peut, par exemple, qui sont sous forme coopérative et qui font partie des
fermes partagées. La ferme des Volonteux, là, vient d'investir dans un bâtiment. On
peut se dire, c'est un investissement à très long terme, un bâtiment. Ça s'amortit sur 35
ans, etc. Pourquoi le porter là, maintenant, aujourd'hui, au vu du collectif qu'on est ?
Puisque l'amortissement et le gain qu'il va réellement apporter, il n'est non pas sur
notre génération, non, mais il sera peut-être sur la génération Mais parce que
justement, c'est ça, c'est l'intérêt collectif qui est mis au centre, ce n'est pas l'intérêt
immédiat de la ferme. Bien évidemment, tout ce type d'investissement-là va être fait sur
une rationalité économique en disant comment je ne me mets pas dans le rouge
aujourd'hui en portant cet investissement-là et comment je construis des modèles
économiques qui nous permettra d'être sans ces charges-là potentiellement dans une
trentaine d'années et comment ça améliorera aussi l'économie de la ferme. Donc ce
n'est pas du tout un frein, bien au contraire. En tout cas, je n'ai jamais vu d'exemple de
fermes coopératives où ça a empêché les investissements de par cet investissementcollectif et ce détachement au rapport patrimonial, bien au contraire, puisque c'est
l'intérêt collectif et le maintien de la ferme qui prime avant toute chose et qui prime au-
delà de nous, notre temps qu'on fait dans la ferme.
Lennan Bate: On pourrait dire que c'est même dans l'ADN d'une ferme collective de
valoriser, de réfléchir et d'améliorer l'outil de production, de vivre les communautés.
Peut-être que tu pourrais présenter la ferme des Volonteux. C'est bien celle qui est
dans la Drôme ?
Céline Riolo: Oui, tout à fait.
Lennan Bate: Ils sont à Beaumont-les-Valences.
Céline Riolo: Ils sont à Beaumont-les-Valences, donc c'est un projet qui au démarrage
a été porté par un paysan tout seul, c'est Rémi Léger, qui en 2009, après une première
carrière professionnelle, a décidé de reprendre la ferme de ses grands-parents, mais
qui n'était plus en exploitation depuis longtemps. Et déjà avec la perspective et
l'intention d'en faire une ferme collective et une ferme coopérative. Dès le démarrage, il
connaissait les coopératives, il connaissait déjà leur type de fonctionnement, il avait
travaillé en collectif, etc. Et pour lui, c'était une évidence que c'était ce type de projet-là
qui avait du sens par rapport à tout ce qu'on vient de dire sur le secteur agri. Donc, en
2009, il s'est lancé en créant une EI au démarrage. Et en fait, dès qu'il a fédéré autour
de ce projet-là d'autres associés, ils se sont transformés en 2011. Ils sont passés sous
Formscope. Et voilà, donc au démarrage il était tout seul et puis aujourd'hui ils sont
disassociés. Il y a des activités de maraîchage, d'arboriculture, il y a une épiterie, il y a
une herboristerie, il y a une pépinière, il y a un petit peu d'élevage. Qu'est-ce qu'il y a
d'autre ? Je vais en oublier certainement parce que c'est… Ah, il y a un fournil avec unpaysan boulanger. Aujourd'hui la ferme c'est 25 actifs qui travaillent dessus, c'est un
gros million d'euros de chiffre d'affaires et c'est surtout au-delà d'un lieu de production
de produits bons, bio, locaux, un lieu de vie parce que c'est aussi un tiers-lieu dans
lequel viennent se rencontrer les gens, vivre, manger les bons produits de la ferme et
se rencontrer à la fois les paysans et les habitants. Et c'est fou, sur ces fermes
collectives-là, je trouve que ça a un point commun, c'est qu'au-delà d'être des lieux de
production, c'est des lieux de vie, c'est des lieux pour faire ruralité et pour qu'il existe
une vie dans ces villages. C'est super chouette. Alors là, on pourrait me répondre oui,
mais Beaumont-les-Valences, c'est vraiment dans la banlieue de Valence. Ce n'est pas
vraiment la ruralité. OK, alors il y en a d'autres. Quand on parle de Chalonne,
Chalonne, ils sont au pied du buget. Là, c'est un tout petit village qui s'appelle Charette.
Et de la même manière, en fait, il y a un marché à la ferme toutes les semaines. Il y a
les fêtes, les fêtes de printemps, les fêtes d'été. En fait, tout est prétexte à faire la fête
et à faire venir du monde. sur la ferme, c'est vraiment des lieux de partage et des
fermes qui sont ouvertes sur les territoires parce que généralement, ils fonctionnent en
circuit court et généralement, cet engagement de faire collectif, ça se vit au-delà du
collectif de la ferme. On fait collectif aussi avec les autres fermes du territoire, avec les
habitants du territoire, avec les associations qui font vivre ces ruralités-là. Et c'est
chouette ce que ça produit quand même. comme rencontre et comme vie.
Lennan Bate: Oui, mais c'est un peu comme il y a quelques générations, mais le
monde paysan agricole était plein de fêtes, plein de collectifs, plein de communautés,
plein de moments, plein d'excuses pour boire un coup, manger un b*** et puis partager,
en.
Céline Riolo: Fait, faire ensemble et partager et tout. Ça marque aussi avec ces fêtes-
là, les saisonnalités, le rythme de vie de la ferme et nos rythmes à nous. Et jepartageais aussi... avec une personne qui venait des Ardennes et qui partageait qu'elle
avait pris la nationale entre Rotel et son village et que c'était une grande nationale,
toute droite, avec des champs et avec une seule ferme. Mais en fait, il y a une ferme
avec zéro personne autour pendant 20 kilomètres. Et du coup, on est vraiment à
l'encontre de ces modèles-là. On sort des modèles où les fermes sont des fermes-
usines qui sont uniquement là pour produire, mais les fermes collectives, ce qu'elles
cherchent à faire, et c'est vraiment dans leurs ADN, c'est recréer de la vie, de la
proximité, d'être certes des lieux de production, et des lieux de production
économiquement viables, soutenables et tout ça, ça c'est la réalité, mais c'est
également des lieux de vie, des lieux pour recréer des liens sociaux, et ça c'est
extrêmement important dans ce qui est vécu dans ces fermes collectives.
Lennan Bate: C'est certain que sur peu de surface, on peut densifier et faire beaucoup
d'activités. Je vois chez nous, on a 6 hectares, il y a déjà du maraîchage, des brebis,
des vaches, des fruitiers, des poules. Et en fait, on pourrait encore en rajouter de la
pépinière. Il y a de quoi faire, mais il faudrait être nombreux encore. Ce n'est pas
suffisant.
Céline Riolo: On voit bien en tout cas que ces fermes-là attirent. Alors bien évidemment
qu'il y a cette image de la vie à la campagne, c'est facile, ça reste des métiers qui sont
durs, qui sont éprouvants dans le corps, qui demandent du temps, de l'énergie, de
l'investissement, du surinvestissement certainement, un peu d'auto-exploitation aussi.
Mais en tout cas, elles attirent. Il y a beaucoup de personnes qui sollicite ces fermes
pour être accueillies en leur sein, pour voir comment ça se passe, pour pouvoir
partager un temps plus ou moins long la vie d'une ferme collective. Et du coup, ça
permet aussi d'attirer des nouvelles personnes et aussi des personnes, ceux qu'on va
appeler les NIMA, les non-issues du milieu agricole, qui ont envie, ont un désir peut-être un peu fantasmé au démarrage du retour à la terre et de retrouver un métier de
paysan-paysanne. mais pour autant qui trouve une forme d'expression et de réalisation
dans ces farm collectives qui leur rend à la fois accessible et désirable le fait de
s'engager dans l'agriculture. Et ça, je pense qu'au vu des années qui nous attendent,
voilà, en 2000 à aujourd'hui, il y a plus d'un tiers des exploitants qui ont plus de 55 ans
en 2026. On considère qu'il y a 36% des personnes qui auront atteint l'âge de la retraite
dans la région. C'est un vrai enjeu. Qui sait ? On installe. Qui a envie de devenir paysan-
paysanne ? Et du coup, les fermes collectives, à mon sens, est une réponse aussi à la
désirabilité de ce métier-là et de cette activité.
Lennan Bate: Les grands enjeux, alors c'est certes de faire fonctionner toutes ces
activités ensemble, mais à la limite, je trouve surtout une question humaine, le facteur
humain, de réussir à gérer. On a été élevé dans des sociétés très individualistes, on n'a
pas appris à communiquer, à vivre en commun. Donc il y a beaucoup à réinventer sur
ce point de vue-là, et ça c'est vraiment un enjeu. Et en plus de ça, avec la difficulté
d'inventer des modèles agricoles, je parle là social, structure juridique, dans à peu près
un vide juridique où on se fait jouer, mais ce n'est pas évident.
Céline Riolo: Oui, et puis ça amène à des avantages des fois extrêmement complexes
pour pouvoir permettre ça. Alors qu'en Italie, où les formes coopératives existent et
peuvent pleinement bénéficier des avantages agricoles, tout en ayant une forme
commerciale sous forme coopérative, on voit bien qu'il y a cette diversité-là qui se met
en œuvre et toutes les inquiétudes qui sont portées en disant « ah mais ça va,
détourner l'activité agricole, c'est un cheval de Troie pour permettre », ben non en fait, il
existe des outils déjà, si vous êtes sur une terre agricole, vous ne pouvez pas faire
autre chose. L'activité principale doit être la production agricole. Et puis, nous, on a des
exemples sur des fermes collectives où on travaille avec la SAFER, où la SAFERintervient. Il y a des charges pour jouer pleinement son rôle de maintenir une activité
agricole et de s'assurer que c'est bien une activité agricole qui sera développée sur ces
fermes-là. Et on voit que quand on travaille ensemble, il est possible d'installer des
nouveaux collectifs et de préserver cette activité de production agricole.
Lennan Bate: Pour clarifier, parce que c'était quand même assez génial quand tu l'as
dit, toutes les activités de la ferme des Volonteux, l'épicerie, etc. sont toutes portées par
une seule structure juridique.
Céline Riolo: Exactement. Donc aux Volonteux, mais comme à la Clé des Sables,
comme à Chalonne, toutes les activités sont portées au sein d'une seule et même
structure. Ça veut dire quoi ? Ça signifie que toute la création de richesses, elle vient
dans cette fermes au sein de cette structure coopérative, donc à son scope, et du coup
permet aussi le partage des richesses. Parce qu'une activité de paysan boulanger ou
de dépicerie est plus rémunératrice que des activités d'arbeau, surtout certaines
années. Et on voit bien que ça permet l'entraide, la mutualisation des moyens. Et du
coup, ça permet à chacun des ateliers d'exister, de subsister au-delà d'une pure
logique économique individualiste s'ils étaient en structure autonome et à part entière.
Il y a cette solidarité-là. Je parlais par exemple de l'arboriculture. Il y a eu des
problématiques. Il y a trois ans, tout a gelé. Il y a eu quasiment peu ou pas de
production. Le fait qu'il y ait l'activité d'épicerie qui permettait aussi d'acheter des fruits
ailleurs et de continuer à en vendre ailleurs, etc. a permis à la ferme de résister et
d'amortir un peu plus sainement ces difficultés et ces aléas climatiques. C'est pas une
solution miracle pour autant, c'est-à-dire que c'est des fermes qui sont et qui restent
ancrées dans des économies de marché sur lesquelles tu peux pas fixer non plus ton
prix n'importe comment, tu es bien obligé de regarder la mercuriale et les prix qui sont
fixés par ailleurs. Donc c'est pas une solution miracle pour autant. de la partage de lavaleur qui sont remis là. Il y a la possibilité aussi de faire du conseil de la prestation en
dehors de la ferme. Alors, quand ça a lieu sur la ferme, c'est bon, c'est OK, parce qu'on
est dans la continuité de la production agricole, c'est admis. Mais par contre, le fait
d'aller donner des cours à l'extérieur, au lycée, au CFPPA, pour essayer de parler de
ces formes d'installation-là et de montrer que ça existe, si t'es en Gaelic, tu ne peux
pas le faire. Et bien là, en coopératif, ça rentre directement dans l'économat de la
ferme. Tu remets là où devrait être la valeur ajoutée et la création de valeur, c'est-à-dire
au sein d'une seule et même structure.
Lennan Bate: Sur les modèles juridiques qui inspirent de plus en plus le monde
agricole, ou du moins qu'on essaye d'adapter dans le monde agricole, il y a les CAE.
Est-ce que tu peux nous donner un peu ton avis sur ce que ça représente et les enjeux
que présente la CAE ?
Céline Riolo: Du coup, les CAE, c'est les coopératives d'activité et d'emploi. C'est une
forme d'installation un peu particulière où vous n'allez pas créer vous-même votre
structure juridique, mais vous allez bénéficier d'une structure juridique qui est déjà
existante et qui, par son existante, permet de mutualiser des moyens. Donc, les
moyens qui vont être mutualisés, c'est tous les moyens qu'on va appeler support la
comptabilité, la gestion sociale, le fait d'être accompagné tout au long de la mise en
place de son activité. Au démarrage, ça a l'avantage de de ne pas tout faire tout seul
déjà et de ne pas se prendre toutes les activités à faire, parce que quand on s'installe
dans le paysan, on est un chef d'entreprise à part entière, donc au-delà de la
production agricole, il faut faire la commercialisation, la comptabilité, la gestion sociale,
tout ce qui est juridique. Vous devez tout savoir sur tout et aussi produire, il ne faut pas
oublier. Et le fait d'intégrer ces structures-là, ça permet déjà de se décharger d'une
partie, donc c'est quand même intéressant. Ça permet aussi de se tester, d'êtreaccompagné pendant le lancement de son activité, donc de minimiser les risques et les
billes qu'on va prendre tout seul parce qu'à la fois on est à l'accompagner et à la fois,
comme il y a une structure juridique qui est existante et qui nous met à disposition son
statut, de ne pas se retrouver sur la paille si vraiment ça ne fonctionne pas. Donc ça,
c'est un avantage. Le fait d'intégrer aussi une CAE, ça permet de bénéficier, de
continuer à bénéficier de son pôle emploi au démarrage de son activité. Donc ça aussi,
ça rend plus facile le lancement. Donc ça, c'est le démarrage. Et puis si l'activité
fonctionnent bien, etc. Vous avez la possibilité de changer de statut au démarrage
quand on rentre en CAE, on signe ce qu'on appelle un contrat d'appui au projet
d'entreprise, ça s'appelle le CAPE, et ce CAPE il est régi par le code du commerce, il
n'est pas régi par... et du coup il ne modifie pas votre statut social. Mais dans un
second temps, une fois que l'activité est mise en place, viable, génère du résultat, etc.,
vous pouvez devenir salarié de votre propre activité à travers un statut spécifique au
CAE qui est le statut d'entrepreneur salarié. Du coup, là, vous retrouvez un peu le
même statut qu'en scope ou en CIC où vous êtes salarié de votre activité et à la fois
votre propre Et ça, c'est possible même si on est tout seul sur son activité ou un mini-
collectif, du coup difficilement compatible avec une forme coopérative, à travers cette
mutualisation moyenne que propose la CAE. Bon, on voit bien, moi je suis
complètement parti-pris et fan de ce type de statut-là, cependant, tout comme les
SCOP et les SIC, les CAE sont confrontées à la non-reconnaissance de leur spécificité
et de leur fonctionnement, c'est-à-dire que ne sont pas considérés, les entrepreneurs
en CAE, les paysans et les paysannes en CAE, comme des chefs d'exploitation. Et du
coup, de ce fait-là, ils n'ont pas accès à l'ADGA, ils n'ont pas accès à toutes les aides
de la PAC comme ils pourraient avoir accès s'ils étaient en ERL ou en EI.
Lennan Bate: Les choses doivent se faire doucement.Céline Riolo: Ce serait bien que ça aille un petit peu plus vite, mais... Effectivement.
Après, le modèle des CEE, il a été créé maintenant il y a 25 ans, mais il a été légalisé,
enfin, ça a été reconnu et inscrit dans la loi il y a dix ans seulement. Et ça, dans
d'autres secteurs d'activité, pas trop dans le secteur agricole, c'était vraiment dans les
autres secteurs. Et l'application de ce modèle-là dans le secteur agricole, c'est encore
plus récent. Donc on voit bien que le temps législatif et réglementaire n'est pas le
même que le temps de l'innovation et de la mise en œuvre des porteurs de projets. Et
du coup, il y a un espace de temps qui est un peu... frustrant en fonction de où on se
trouve, mais il faut l'entendre. Il y a une fédération qui est créée autour des CEE et
également le réseau des espaces test agricoles de RINETA essaye de faire entendre et
faire valoir la reconnaissance de ces formes-là.
Lennan Bate: On arrive bientôt à la fin de notre heure de bavardage. Si tu devais choisir
une idée reçue du monde agricole qui, selon toi, est fausse, quelle serait-elle ?
Céline Riolo: Que les fermes collectives, c'est des projets de hippies.
Lennan Bate: Vous n'allez pas ?
Céline Riolo: C'est peut-être des idéalistes, certainement. En tout cas, ils veulent faire
société autrement et vivre de l'agriculture autrement. Ça, c'est une certitude. Mais pour
autant, c'est des entrepreneurs qui sont les pieds ancrés dans la terre. Et ces hommes
et ces femmes qui mettent en place ces projets-là, ils sont aux prises aussi avec la
réalité de la société et du marché auxquels ils sont confrontés. Et du coup, venez voir,
venez pousser la porte des fermes collectives et regardez ce que ça produit comme
richesse économique, d'une part, mais aussi comme richesse humaine. Et puis, on en
reparle.Lennan Bate: Je suis tout à fait d'accord. Je crois que c'est en incarnant des utopies
qu'on les rend concrètes et réelles. C'est comme ça qu'on fait avancer les choses. Mais
tout ce qui n'existe pas est une utopie avant d'exister. Tout à fait.
Céline Riolo: Et ça se met en œuvre de plus en plus. Ce week-end, on a réuni pour la
deuxième fois le réseau émergent des fermes collectives dans notre région, en Rhône-
Alpes. Il y avait 140 personnes. Du coup, ça fait plus d'une trentaine de femmes
collectives qui se sont réunies pour partager pendant trois jours sur ce qu'elles vivent,
ce qu'elles traversent et échanger sur leurs pratiques pour aussi s'améliorer, se
réinterroger, voir ce qui fonctionne ailleurs, comment elles peuvent aussi partager ce
qui fonctionne chez elles. Et quand on voit Ce qui est déjà mis en œuvre et du coup
tous les élans et les attraits qu'il y a autour des porteurs et porteuses de projets sur ces
formes-là, je pense qu'il y a quelque chose d'intéressant pour la société et pour
l'agriculture.
Lennan Bate: Est-ce qu'il y a quelque chose que je n'ai pas demandé ou un sujet sur
lequel tu aurais aimé parler ?
Céline Riolo: Peut-être les difficultés, alors on en a parlé un petit peu, les difficultés
auxquelles elles sont confrontées, mais il y a les difficultés humaines qu'il ne faut pas
sous-estimer avec la nécessité de prendre soin et du temps sur cet atelier humain.
Mais il y a peut-être aussi à aujourd'hui les difficultés législatives et réglementaires
auxquelles elles sont confrontées qui obligent créer des montages et des complexités
dans leurs installations et leurs formes qui pourraient, à travers pas grand-chose, être
beaucoup plus simplifiées et rendre possible et faciliter ces formes collectives-là. Je
pense que ça, c'est quelque chose qu'il faut porter et donner à voir. S'il y a aussi autre
chose, c'est comment on forme et on transmet ces formes d'installation-là. Et du coup,c'est vraiment quelque chose qui est porté, non pas au sein du réseau et au sein des
fermes collectives, elles ont envie de transmettre, elles ont envie d'accompagner les
collectifs qui se mettent en œuvre à créer leurs propres collectifs, sachant qu'il n'y a
pas un modèle de fermes collectives, il y a une multitude de modèles. Et l'idée, c'est de
trouver et s'inspirer de tout ce qui existe pour pouvoir construire sa propre ferme
collective. Et ça revient un petit peu à ce qu'on nous a partagé pendant les rencontres
des fermes collectives ce week-end. Pourquoi les lycées agricoles avaient été créés
après la Seconde Guerre mondiale ? En fait, c'est parce qu'il n'y avait plus personne
pour transmettre les savoirs dans les fermes. Et du coup, ils ont été créés là pour pallier
le fait qu'il n'y avait plus personne dans les fermes pour expliquer comment on
produisait, etc. Alors bien soutenu aussi par les industriels. Et du coup, on a sorti des
fermes la transmission des savoirs et le fait que ces fermes collectives-là, elles ont
envie de se réapproprier et que ce soit elles aussi qui transmettent, accompagnées
aussi par des professionnels de la formation, de l'enseignement, etc., mais sur ces
formes d'installation-là. je trouve que ça remet aussi du sens et de la valeur là où elle
doit être, c'est-à-dire au sein des exploitations, au sein des fermes et non plus, encore
une fois, autour avec l'accaparement de la valeur. Et ça, c'est quelque chose qui donne
de l'espoir aussi dans la transmission des futures générations et des futurs porteurs de
projets.
Lennan Bate: C'est effectivement quelque chose qu'on voit dans les lycées agricoles,
alors bien qu'ils soient à la page et qu'ils cherchent à toujours être être au courant,
mais en réalité ils sont toujours un peu hors tard, ils sont un cran derrière ceux qui
innovent réellement et qui trouvent des nouvelles façons de faire. Comment est-ce
qu'on peut vous contacter, trouver des informations sur des ressources que vous
partagez ? Comment est-ce que les auditeurs et auditrices pourraient prendre contact
avec vous ?Céline Riolo: On a un site internet maintenant, comme toute bonne entreprise qui se
doit. Du coup, ça s'appelle lesfermepartager.coop, C-O-O-P, sur lequel il y a un petit
peu l'explication de qui on est, ce qu'on défend comme vision et ce qu'on propose. Il y a
un formulaire de contact pour pouvoir nous envoyer un petit mail, nous appeler. Voilà,
donc c'est déjà une bonne porte d'entrée. Et puis après, nous, on travaille avec tout un
réseau, puisque pour accompagner ce type de ferme-là, ce type de projet-là, il ne faut
pas être tout seul. Et nous, on s'inscrit aussi en complémentarité et en partenariat avec
tous les acteurs qui existent, que ce soit avec une entrée sous forme coopérative par
les unions régionales des coopératives. Ça, c'est une première chose. que ce soit par
les acteurs du secteur agricole plus traditionnels ou alternatifs que sont les chambres
ou les ADR. Du coup, nous, on travaille ensemble. Et l'idée, c'est de pouvoir juste
apporter cette petite pierre à l'édifice complémentaire sur les installations collectives et
coopératives. Vous pouvez me contacter, directeur, aussi.
Lennan Bate: Super. Je mettrai tous les liens en bas de notre épisode. Merci, merci
Céline.
Céline Riolo: Merci à toi.
Lennan Bate: J'espère que cette écoute a éveillé des questionnements, apporté de
nouvelles perspectives et aiguisé votre curiosité. Je suis convaincu que c'est en
partageant de nouveaux points de vue, en découvrant les histoires et expériences de
nombreuses autres agricultrices et chercheureuses, que nous pourrons engager une
transition et renforcer nos pratiques pour une agriculture résiliente afin de produire une
alimentation qui participe réellement à la santé des humains et des écosystèmes.
Alors, merci à vous de participer à concrétiser cette utopie. Pour soutenir le podcast,
n'hésitez pas à vous abonner et à mettre une note sur l'épisode. D'ici là, je vous dis trèsbonne semaine et à très vite pour le prochain épisode.
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